Bonjour à toutes et à tous,
28 heures. C'est le nombre d'heures que Grichka, Allen, et moi avons passé des les transports collectifs pour faire les 800 km aller-retour entre Dakar et Guédé, petite commune rurale où Emilie est en stage. C'est ma troisième fois là-bas. Et cette fois, j'ai vu Guédé vert. Et oui c'est le saison des pluies, et tout est vert, chose totalement improbable dans la zone sahélienne où est sis Guédé.
Le voyage aller a été terrible. Nous avons quitté Dakar à 22h15 le jeudi soir, après une difficile traversée de la grande banlieue dakaroise, avec des arrêts réguliers et dangereux pour prendre des gens jusqu'à être plein.
Premier vrai arrêt quelques heures après pour manger et prier.
Là un français d'origine sénégalaise est venu nous parler pour nous dire tout le mal qu'il pensait du Sénégal, et combien il s'était fais avoir ici par sa famille. Il pensait que nous étions les heureux propriétaires du 4X4 mercedes hyper classe garé là. Une fois avoir compris que nous étions dans le bus, il s'est barré fissa. Il nous a quand même confié qu'il préférait aller en prison en France faire sa peine que de rester ici....
Les ennuis ont commencé à Saint-Louis, où le bus s'est arrêté pour réparer une des roues qui avait rendu l'âme. Une heure d'arrêt, c'est le tarif.
Une heure après, donc vers 7h30, c'est le drame. Nous avons eu un accident. Un taxi, mal garé, comme d'habitude, sur le bord de la route a obligé le bus à faire un écart, et paf le 4X4 dans le sens inverse.
Résultat: un mort. Nous avons eu la mort tragique, stupide et honteuse du rétroviseur de la voiture d'en face.
Face à cette tragédie insupportable nous avons fais un stop de 3h30. Et oui car ici il faut 3h pour faire un constat d'accident pour un rétroviseur. Et le tout en nous laissant en plan, sans infos, et en se foutant de ma gueule quand j'ai proposé de faire le constat à l'amiable. Il fallait impérativement que les gendarmes de Saint-Louis, à 30 km de là, viennent faire le constat, avec reconstitution de la scène et même délimitation des impacts à la craie. Bon là j'exagère un peu, mais tout ça pour un rétroviseur, c'est juste du foutage de gueule.
Nouveau départ, et nouvel arrêt à 60 km de là. La même roue a rendue l'âme une deuxième fois. Trop c'est trop, donc nous avons été prendre un autre moyen de transport, un petit car blanc qui fait les trajets sous régionaux.
Pour arriver chez Emilie à Guédé, il nous a fallu encore prendre un taxi qui a essayé de nous arnaquer comme il faut, et une charrette qui à 400 m du village a crevé.
Je ne sais pas qui est le putain de chat noir du groupe, mais on a bien morflé durant tout le trajet, le tout sans manger, et sans pouvoir rien trouver à manger, ramadan oblige.
18h pour faire le trajet aller, soit le double de la normale.
En comparaison le trajet jusqu'à Saint-Louis le samedi a été une partie de plaisir. Sauf que je me suis fais pisser sur la tête par le saloperie de chèvre qui était sur le toit. Et que nous n'avons pu voir que les 30 dernières minutes du match. Saint-Louis est cependant une ville très belle et très intéressante. Tellement plus calme et humaine que Dakar.
Le retour à Dakar fut épique lui aussi. Une petite panne de radiateur percé qui a fais levé le capot de la 504 dans laquelle nous étions. Réparé avec de la colle et un morceau de pneu. Normal. Et ça a tenu jusqu'à Dakar. Normal.
En tout nous avons passé 28h sur les routes en 3 jours et demi. 28h/84h = 1/3 du temps sur les routes. Autant dire que nous étions tous un peu fatigué en rentrant le dimanche soir.
Bon je crois que je peux affirmer avec certitude que le chat noir ce n'est pas moi car Allen s'est retrouvé enfermé dehors le dimanche soir, et Grichka et Allen se sont retrouvés bloquer devant leur porte le lundi après-midi.
Putain de déveine.
Bon maintenant, il faut que je prépare ma progression pour la rentrée qui s'approche à grands pas. Inchallah tout se passera bien.
A bientôt