mardi 30 novembre 2010

39,6° à Nouakchott

Bonjour à toutes et à tous,

39,6° ce n'est pas la température à Nouakchott, mais la mienne. J'étais pas très bien depuis quelques jours, mais là j'ai du aller voir un médecin. Diagnostic : angine "rouge". Salauds de communiste, ils viennent me faire chier jusqu'ici. J'en ai pour une bonne semaine à faire des aller-retour entre mon lit et le salon. Heureusement je suis encore chez Mael. La descente pour le fleuve n'est donc pas pour tout de suite.

6000 UM de médecin, soit 15€, et 10800 UM de médocs soit 30€. Aie, bing, prends ça! Je comprends pourquoi le système français de sécu est envié à travers le monde. Et je dois en remettre pour 6000 UM jeudi pour une seconde consultation.

Sinon, à part ça j'ai remis tous mes messages sur un blog accessible à tous, et les photos du Maroc vont bientôt être en ligne aussi.
blog : http://cybione.blogspot.com/
photos : http://picasaweb.google.com/116672542722981432246/Maroc2010#

lundi 29 novembre 2010

De Nouadhibou du monde à Nouakchott

 Bonjour à tous et à toutes


Ces derniers jours j'ai attendu à Nouadhibou cette Française qui n'est jamais venue. En fait j'ai réussi à l'avoir au téléphone, et elle était dans une voiture directe pour le Mali. J'ai un peu les boulles d'avoir attendu pour rien, mais en même temps j'ai rencontré des gens intéressants.
 
En l'occurence un Belge descendu de Bruxelles à vélo. Je ne dis pas que je ne serais pas tenté par ce genre de chose, mais purée quel fou! J'ai passé pas mal de temps avec ce prof de philo à mi temps dans le supérieur qui fait toutes ses escapades à bicyclette. Nous sommes allés manger dans des gargottes tenues par des Gambiens et des Sénégalais. C'était bon, et copieux et puis pas cher.


Pour venir à Nouakchott, j'ai pris un taxi, pas brousse, mais mercedes, en bon état. Je l'ai payé le prix normal, et en plus nous n'étions pas en surcharge, voir même en sous nombre. J'ai dormi une grande partie du voyage à cause de la fièvre. Et puis la traversée du désert c'est sympa, mais c'est monotone au bout d'un moment. Et puis 5 heures de voyage comme ça c'est bon, merci, à la prochaine.

A Nouakchott j'ai rejoint Mael et sa copine au centre culturel français où avait lieu une semaine du cinéma. J'ai donc pu voir des films mauritaniens, et c'était très intéressant. Je remets ça ce soir. J'ai été bien accueilli par ce MICPien, et mis à part qu'il n'y a pas vraiment l'eau chez lui, c'est très sympa.


Je vais me faire une journée coca, doliprane, et films... Ca va être bien!

à bientôt

Nouadhibou by night

Bonjour à tous et à toutes,

Tout d'abord, je suis encore malade, putain de rhume de la clim' à la con.

Ensuite, je suis passé hier après-midi à l'alliance franco-mauritanienne de Nouadhibou. Je sais ce que c'est en théorie, je sais que ce n'est pas forcément très brillant. Et bah pour de vrai c'est pire. Ouverture à 15h, jusqu'ici rien de normal c'est l'horaire local. Bon le reste est classique, des Mauritaniens aux postes subalternes, des Français aux postes à responsabilité. Dans les trois Français que je croise et avec qui je parle, il y a une demoiselle charmante qui est chargée de la francophonie, et un jeune homme de Toulouse, le beau-fils de la consule honoraire de Nouadhibou. Normal quoi!
Je croise vite fait la consule honoraire, qui a l'air dynamique mais clairement au placard ici. On se donne rendez vous le soir pour passer la soirée ensemble, avec les jeunes j'entends.

Et là je dois dire que le monde des expatriés n'est pas vraiment fait pour moi. On m'en avait dit beaucoup de mal, et bah j'ai pas été déçu. Le compagnon de la demoiselle fort charmante est un blaireau de science po Paris qui fait de la coopération avec la croix rouge espagnole. Je sais pas pourquoi mais j'ai pas pu sentir ce type dès que je lui ai parlé. Il est méprisant avec les Mauritaniens, plus que sûr de lui (plus que moi c'est pour dire), a un comportement néo-colonial, et je dois dire que ses blagues "exprès raciste parce qu'on l'est pas pour de vrai" m'ont fortement déplus. Je dis pas que j'ai passé une soirée désagréable, mais ce n'était pas trop plaisant.

Je veux bien m'enquiller des bières, c'est pas trop le soucis, je sais faire, mais pas de la manière dont ils le font. Dans un pays où la charya est sensé être de rigueur, je trouve ça déplacé. Je ne dis pas que je ne me suis pas mis une petite cuite ou deux au Maroc, mais l'ivresse sur la voie publique n'est pas là bas passible de 30 ans d'emprisonnement. Et puis je préfère boire avec un contexte autre que "je me mets une cuite parce que c'est pas cher".

En plus j'ai rapidement compris qu'ils n'avaient pas de potes mauritaniens de Nouadhibou. Je veux dire des gens du cru, mais des gens avec qui ils sont sur le même pied d'égalité. Bon ce sont tout de même des suppositions. Cependant le beau fils de la consule honoraire est lui un parfait ignare de l'Afrique. Il ne connait rien au contexte, et il est un peu pommé c'est certain.

J'espère que le mec de science pô est un peu plus évolué que ce que ses réflexions laissaient supposées. D'autant qu'il s'est senti en danger vis-à-vis de sa nana, et qu'il a donc serré les rangs et montré les dents. Résultat la seule personne qui avait l'air un peu caricaturale de la soirée n'a pas pu discuter avec moi.
Quand aux deux Mauritaniens présents, de riches maures blancs proches du pouvoir, leur vision de l'histoire est très orientée, et c'est intéressant de voir comment ils pensent. Ils m'ont proposé un logement si besoin dans d'autres endroits de la Mauritanie, c'est sympa, mais bon...

Soirée particulière d'autant que j'ai discuté avec un Espagnol qui connait bien Patrick Gonin avec qui il travaille (mon ancien responsable de master de Poitiers). Il y a même une doctorante à lui qui est à Nouadhibou pour ses recherches, mais pas en ce moment, dommage! Et puis le monde des expatriés est vraiment petit puisque tous les Français que je connais ici sont connus jusqu'à NDB!

Pour une fois je l'ai joué modeste, mais quand j'ai affiché mon pedigree cela a fait son petit effet. Stagiaire au GRDR quand tu es en Mauritanie, ça envoie! J'ai beau leur dire que c'était un stage, ça a coupé la chique à ce merveilleux Français qui se la racontait un peu. S'il savait de l'intérieur  ce qu'est le GRDR...

J'ai rencontré aujourd'hui des jeunes Mauritaniens au bord de l'océan avec qui je vais peut être passé la soirée. Le seul hic c'est qu'ils parlent français comme moi espagnol... c'est à dire peu ou prou!

Inchallah on verra.

Je ne sais toujours pas quand je pars mais je devrais être fixé ce soir.

à bientôt!

Nouadhibou

Bonjour à tous et à toutes,

Tout d'abord, pour ceux qui ne le sauraient pas, Nouadhibou est une ville mauritanienne. La plus proche de la frontière avec le Sahara occidental, sous contrôle marocain, sur la route de la côte atlantique. Mais c'est une ville mauritanienne, c'est à dire de la poussière, un peu de goudron, pas partout, pas d'éclairage public, et une atmosphère très différente d'avec Dakhla, seulement 500 km plus au nord. Ici, déjà, beaucoup plus de négro-africains, et de migrants sub-sahariens de toutes sortes. Tout y est plus défoncé, les voitures, les routes, les maisons. Le Maroc est vraiment beaucoup plus riche, et ça se voit.

Pour arriver ici, j'ai pris un bus de la CTM (compagnie nationale et publique) en très bon état, mais qui m'a rendu malade. Putain de clim' qui m'a filé un rhume. Départ le matin vers 10h, arrivé à la frontière vers 15h. Là le bus me dépose, et je traverse à pieds. Je trouve un taxi rapidement, et sans négocier le prix je le prends. La traversée se fait rapidement, moins de 2h. Dans le no man's land qui sépare les deux pays, on peut voir des choses hallucinantes. C'est une casse à ciel ouvert. Les véhicules qui ne peuvent pas être dédouaner en Mauritanie sont démontés sur place, ou alors les plaques sont échangées dans cette partie du Sahara. Résultat, des carcasses de bagnoles partout. Des pneus, des portières aussi. Cela donne une ambiance particulière, on traverse une zone de trafic de toutes sortes, et personne n'en a rien à faire. Aux différents postes de frontière, je discute avec des Belges qui font la route pour la Casamance.

L'arrivée sur Nouadhibou est surprenante elle-aussi. Je demande à mon chauffeur de taxi où nous sommes, et il me répond "bah à Nouadhibou". Je n'aurais pas cru que cela ressemblerait à ça. De ville, cela n'a que le nom par rapport au Maroc. C'est un immense champ de maisons en construction, si on est positif, ou de baraques en ruines, si on est objectif. Des barres de ferrailles moisissent sur les toits, des trottoirs pas finis, un éclairage public qui ne peut être allumé au risque de coupé le courant dans toute la "ville".

Première chose en arrivant, la banque où je retire l'équivalent de 180€, en espérant tenir près de deux semaines, ce qui me fait 70.000 UM. (ouguiya) Une putain de grosse liasse de monnaie! J'ai jamais eu autant de pognon sur moi. Je paye le taxi, et hop je trouve un cyber pour regarder si mon couchsurfing fonctionne. Pas de pots, pas de réponse. Là je vais me payer une puce mauritanienne pour mon téléphone, je me fais un peu arnaqué mais ça va. (mon numéro +223 434 52 17)

Puis je prends un taxi pour aller à un hôtel du guide du routard. C'est donc une grosse galère qui commence, le chauffeur de taxi ne connaissant pas cet hôtel. On cherche, on cherche, et on ne trouve pas. Au bout de presqu'une heure on trouve la chose qui se revèle être un faux plan, car soit il n'y avait plus de place, soit il ne faisait plus camping (c'est comme ça qu'on dit ici, tous les hôtels, ou pension, ou autres s'appellent "camping"). Au final, pas de logement. On visite un autre camping, beaucoup trop cher. Finalement il m'emmène à une autre adresse routard, que je prends. D'autant plus que je fais plus ample connaissance avec les deux belges qui sont là aussi.

Michel et Gilles sont des trentenaires bien tassés, photographes tous les deux, qui descendent une superbe land rover au père de Gilles en Casamance. Ils sont très sympa et je passe la soirée avec eux, resto, vin et bière compris. Alors que dans la République Islamique de Mauritanie, l'alcool est censé est banni! On paye un peu cher, mais ça va, la bière carrefour discount était fraiche, et le vin en brick portugais se laissait bien boire. Je discute jusqu'à pas d'heure avec Michel que je recroiserais surement.

Pour ma première journée ici, je prévois de faire fonctionner mon gsm, de donner des news (ce que je fais) et d'aller à l'alliance franco mauritanienne voir ce qui s'y passe.

A bientôt à tous.

3 semaines au Maroc

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait aujourd'hui 3 semaines pile poil que je suis au Maroc. Et comme dans tout voyage, il y a du bon et du moins bon.

Dans le bon, il y a évidemment les gens que j'ai rencontré qui m'ont tous apporté quelque chose. Il y a Karim à Tanger qui m'a introduit royalement au Maroc, il y a Simo à Fès que je pense pouvoir presque appelé mon frère, la famille Bezad à Rabat, pour leur accueil qui s'est terminé en eau de boudin mais qui était cependant chaleureux.
Les rencontres sont ce qui constitue pour moi les souvenirs les plus solides. J'aurais du mal à les oublier, surtout s'ils viennent me visiter dans la suite de mon voyage. Dans le très bon il a également les rencontres d'autres voyageurs, Mathieu et Benjamin, les musiciens de Fès, l'Irakienne et Karim le Suédois de Marrakech, Louise la jolie Française de Rabat, sans oublier les amis de mes amis, tel le médecin ami de Karim dans cette boite emplie de gamins à Tanger, tel les commerçants de Fès avec qui j'ai passé pas mal de temps à essayer de vendre aux touristes, et tel les amis de Simo avec qui j'ai passé une soirée mémorable et inoubliable, même si je ne me souviens pas de tout.

Dans les bonnes choses, je classe évidement la gastronomie marocaine que j'ai essayer d'expérimenté au max, et qui m'a beaucoup plu. Beaucoup de viandes, peu de légumes, c'est fait pour moi. J'ai même mangé du poisson sur le port d'Essaouira, des tripes et du pied de mouton, et de la tête de chèvre à Tanger. On mange très bien ici, il semblerait cependant que ce soit cela qui ait explosé mon budget.

Dans les choses bonnes, apparaissent aussi les visites que j'ai faites. La richesse culturelle de ce pays est extraordinaire. Les médinas sinueuses sont réellement enthousiasmantes et méritent d'être vues. Les palais, mosquées, et tombeaux resplendissent de la superposition d'époque d'art et de culture. Il y a au Maroc une paire de batiments que j'habiterais bien, à condition de ne pas avoir à faire le ménage moi-même.
Le climat également rentre dans les bonnes choses, et est gage de bonnes vacances, seulement 2 après midi de pluie et jamais plus couvert que d'un pull.

Dans le moins bon je commencerais par un bilan financier qui n'est pas celui que j'espérais.
J'ai dépensé environ 6000 DH, soit près de 550€. Dont un bon 1/5 dans les transports, c'est à dire 1300 DH dans les trains, bus, et taxis. Je n'ai claqué que 900 DH dans les choses qui ne sont pas de première nécessité, c'est à dire dans un cheich, un jeu d'échec en Tulya, en huile d'argan, en pellicules photos, en chargeur d'appareil photo numérique, en piles d'appareil photo, en portable, en communication de téléphone mobile, et en lunettes de soleil, les miennes ayant cassées. C'est raisonnable, et c'est trop à la fois. Mes dépenses en logement ont quand à elles était très limitées, 600 DH environ. Le budget principal est donc la nourriture et la boisson. Je ne découvre pas la poudre. D'autant que je n'ai que 200 à 300 DH de baksish et autres dons de tranquillité.

Normalement le prix des denrées devrait diminué, enfin j'espère. Déjà ici à Dakhla, c'est un peu moins cher. Voilà pour la partie finance, plutôt désagréable il faut dire, mais l'argent n'est qu'un moyen.
Dans les autres choses moins bonnes, il y a l'agressivité des commerçants, l'impression que ceux qui me parlent n'en veulent qu'à mon argent. Pas tous heureusement.

Il y a aussi moi qui fait parfois partie des aspects négatifs de ce voyage, car je fais parfois n'importe quoi. J'ai eu un comportement d'enfant gâté et riche un peu trop souvent à mon goût. Cela n'étonnera personne si je dis que j'ai parfois été trop peu humble. Mais j'apprends vite, à coups de grandes claques certes, mais j'ai des moments de clairvoyance et de remise en question. Un jour, je deviendrais fréquentable, un jour.

Je crois que c'est à peu prêt tout sur les choses moins bonnes, les autres sont déjà oubliées.

"les chercheurs qui cherchent, on en trouve, les chercheurs qui trouvent, on en cherche"
Je suis pour l'instant tranquille de ce côté là car je ne cherche rien. Mais je ne trouve rien non plus. J'expérimente, c'est certain.

Il m'arrive parfois de me sentir seul, mais en même temps cela me pousse à m'ouvrir un peu plus. J'ai encore quelques blocages, de peur de mal faire, ou de faire mal. Mais cela tombera un jour.
Le programme pour la suite consiste à taverser la frontière mauritanienne demain, lundi, et de me fixer quelques jours à Nouadibou. Puis ensuite, descendre tranquille vers le Sénégal, avec un passage probable du côté de la zone GRDR du bassin du fleuve Sénégal. Et donc ensuite, passage au Sénégal avant le 8 Décembre.

Une dernière chose sur le Maroc : je reviendrais, I'll be back.

Essaouira et Dakhla

Bonjour à toutes et à tous,

Essaouira et Dakhla ont plusieurs points communs. D'abord, ce sont des villes côtières, elles sont toutes les deux sur l'océan Atlantique. Ensuite, elles sont toutes les deux revendiquées par le Maroc. Et enfin, j'y ai été présent en moins de 48h dans les deux. Bon l'une est au niveau de Marrakech sur la côté, et l'autre au sud du tropique du Capricorne. C'est à dire qu'elles sont distantes de quelques 1500km. Une broutille, quoi. Bon commençons par le commencement.

Essaouira : c'est une très jolie petite ville qu'il aurait été dommage que je ne vois pas. C'est calme, propret, et ça ne pue pas l'arnaque à 4 km comme dans les villes plus grandes. C'est aussi une ville de tourisme de vieux, mais ça fait plaisir d'y être. Vraiment j'ai hésité longuement à y aller, et bah je ne regrette vraiment pas. Un hotal pas trop cher, une bouffe correcte, une petite médina fortifiée par les Portugais, un port sympatoche. Non vraiment très content d'y être passé. J'ai hésité à y rester un peu plus longtemps, et puis finalement je me suis décidé à prendre un bus pour Dakhla, ma dernière étape avant la Mauritanie.

Donc deuxième étape Dakhla.
Un petit voyage de 25h. Si peu que rien. Le bon truc c'est que j'ai pris la compagnie de bus de l'ONCF, c'est à dire les chemins de fer sur route. C'est confortable, pas tellement cher, 425 DH pour 1500 km (environ 40€), et on ne perd pas de temps sur la route. Sauf à cause de moi, car tous les gendarmes et policiers des barrages dans le Sahara occidental ont du me controler et m'enregistrer. Ca fait un peu chier mais bon, c'est comme ça.

La route est absolument superbe. D'autant plus que la majeure partie du trajet s'est fait de pleine lune, dégagée, et que le paysage était troublant. Rayons de lune sur l'océan, sur les arbres, les dunes, et les crevasses. C'était plus que sublime. Je risque d'en garder un souvenir imperrisable. Je ne regrette vraiment pas ce voyage en bus, d'autant que j'ai traversé une petite moitié du Sahara. L'arrivée sur Dakhla est elle aussi hors norme car c'est un isthme où des centaines de milliers de mouettes et de goélands logent, et des kyte surfer ont élu campement. L'océan est à droite et à gauche, et les dunes voguent de ça et là. La côte est fantastique, car les criques alternent avec des falaises abruptes, le tout sur une eau turquoise. C'est beau, c'est immense, et plat parfois. Je reviendrais voir tout ça.

Bon par contre Dakhla est un peu ville morte, et seuls les très nombreuses casernes militaires de l'entrée de ville semblent avoir une activité. J'irais surement voir les kyte surfers qui sont à 30 km de la ville demain.
Je ne pense tenter la traversée pour la Mauritanie que Lundi histoire de me reposer avant la RIM. (République Islamique de Mauritanie)

Tout va donc bien, meme si je suis crevé et qu'il fait enfin chaud de chez chaud.

Marrakech, tome 3

Bonsoir à toutes et à tous,

Fête de l'Aïd-El-Kébir, Marrakech, ville morte.
La grande place est déserte. Seuls les touristes en errance sont là. Ils déambulent, seuls. Pas ou peu de Marocains, pas un vendeur ou presque pour les abordés. Le peu qui a ouvert est passablement désabusé. Ils n'ont pas besoin d'être agressif et au taquet puisqu'il n'y a pas de concurrence. Encore une technique infaillible pour éviter la belle-mère lors des réunions de famille : ouvrir lors des jours de fêtes.

Dans les rues, les barbecues, en réalité des briques sur lesquelles sont posées de vieilles litteries, pullulent pour faire griller les têtes et les pieds de moutons. De temps en temps, j'ai pu tomber sur des personnes s'occupant des peaux et des intestins. Perso, ça ne me dérange pas, mais j'ai vu des touristes indisposés.

Sur la grande place centrale, la place Jemaa, tous les soirs des gargottes proposent des grillades où l'on peut vite en avoir pour cher, car tout est payant, jusqu'au pain et la sauce. C'est là que j'ai fais des rencontres sympas, avec une Irakienne vivant en Australie le mardi soir, et le mercredi soir, avec un Suèdois, du petit nom de Karim, d'origine égyptienne. Nous avons pas mal discuté, puis nous nous sommes mis en quète de son hôtel dont il ne se souvenait plus où il était.

Je l'ai amené jusqu'à sa porte d'hôtel. Mais putain que ce ne fut pas simple. Des rues "derb el hammam" il y en a un sacré paquet. En fait, normalement il y a un hammam à côté de chaque boulangerie, et des boulangeries yen a pas mal! Ceci dit, j'ai bien fais de l'accompagner car d'une part il ne parle ni français ni arabe, et pour demander son chemin c'est faisable mais pas pratique, et d'autre part parce que circuler seul là où nous sommes passés était vraiment risqué. Comme on dit, à deux, c'est mieux.

J'ai quitté Marrakech jeudi 18, assez tôt, et j'ai même fais exprès d'oublier de régler les 30 DH d'eau chaude à mon hôtel.
Je suis donc parti vers Essaouira après avoir longuement tergiversé. Je vais retarder un peu ma traversée de la Mauritanie car je ne veux pas arriver avant Décembre au Sénégal. Je vais surement passé une semaine en Mauritanie, dans le sud, dans la zone GRDR.

Il m'arrive de temps en temps de regretter certains aspects de mon voyage au Maroc. Je ne me suis pas encore habitué à tout. Je commence à m'y faire, mais devoir casquer en permanence me saoule un peu. Cela fait du bien de temps en temps de rencontrer des Marocains normaux qui n'ont pas besoin de moi pour vivre. Il est évident que l'argent est un problème pour ma relation avec l'autre, et cela ne va pas forcément s'améliorer après, mais tout de même, j'apprécie d'avoir des relations sociales horizontales.

à bientôt de Essaouira

Marrakech, tome 2

Bonjour à tous et à toutes,

Cette belle ville est rouge, portant sur le rosé, mais aussi bleue en ce qui concerne son ciel, et par endroits noire, en ce qui concerne les quartiers sans touristes qui ne sont pas encore pavés, et qui par conséquent sont boueux.
J'ai visité assez peu visité de choses au final, bien qu'ayant beaucoup marché encore une fois. Cependant, ce que j'ai vu était beau.

Les tombeaux sâadiens sont de magnifiques bâtiments fins, aux arabesques chaloupées, aux sculptures élancées, et aux puits de lumière savamment disposés. L'endroit est calme, ce qui dans la folie de la circulation de cette ville, est reposant. Un figuier gigantesque pousse dans les jardins de l'endroit, qui est loin du faste des palais royaux. En effet, les tombeaux sâadiens ne sont pas très grands. Par contre, un des palais du Roi à Marrakech est très long à longer et à traverser, mes pieds peuvent en témoigner.

En arrivant à Marrakech, j'ai commencé par trouver un endroit où dormir et laisser mes affaires. Puis je suis sorti me faire tondre la barbe et recouper les cheveux. Ce que ma mère avait fait au niveau coupe était pas mal pour quelqu'un dont ce n'est pas le métier. Seulement j'avais envie de tester le coiffeur-barbier. Et je dois dire que c'est pas mal.
Les soirées étant fraiches, je me suis même laissé aller à l'achat d'un keffieh. Je devais être fatigué car même si je n'ai pas trop mal négocié, je l'ai quand même acheté. Le mouton n'en sera que plus gros pour le vendeur.

Son Altesse Royal Mohammed VI a eu la glorieuse idée de mettre en place un nouveau code de la route, et de se donner les moyens de la faire appliquer, ce qui est loin d'être gagné dans son application totale. Les prémices d'un changement sont là, c'est déjà ça. Il va devoir, sans vouloir le commander ou lui faire porter la responsabilité de la chose, réfléchir au problème de la pollution et de la circulation des 2 ou 3 roues (et non pas roux) dans les médinas. A la fois parce que c'est agaçant de devoir les éviter en permanence, et aussi parce que la quantité de gaz d'échappement que l'on peut prendre est hallucinante. J'imagine que je ne découvre pas le fil à couper l'eau tiède, mais putain de bordel à cul de charrette à bras, qu'est ce que les mobs et autres cyclos cassent les couilles. C'est bien dommageable qu'ils soient là car parfois j'ai pu être saisi par de délicieuses odeurs. Ici la sciure de l'ébéniste, là celle du cuir du cordonnier, où encore l'odeur de la viande grillée. Il est bien étrange que les odeurs d'urine, de poubelles, d'égouts, et de pourriture ne soient pas couvertes par celles des échappements.

En ce moment, tout est orienté Aïd-El-Kébir. Les moutons pullulent, les vendeurs de fourrages prospèrent, les aiguiseurs de couteaux ne chôment pas, et les vendeurs de fripes soldent leurs plus beaux articles. Quelle belle fête cela va être!

Marrakech, tome 1

Bonjour à tous et à toutes,

Suite à mes désagréments de la semaine dernière, j'ai décidé de changer un peu ma façon de relater mon voyage. Je vais surement arrêté le jour après jour pour passer en thématique.

Donc aujourd'hui, mes premières journées à Marrakech.

Je suis arrivé le lundi en milieu d'après-midi. Avec Simo, nous étions partis le matin à 5h00 de Fès jusqu'à Casa, où il devait travailler, le pauvre, et où j'ai pris le train pour Marrakech. Train que j'aurais raté s'il n'avait pas eu 40 minutes de retard. Sur le quai, il y avait de quoi remplir ce fichu train. En vérité, il contenait déjà 2 fois le nombre de places assises lorsqu'il est arrivé à quai. Je n'ai bien évidemment pas eu de place assise, mais je m'y attendais. L'aïd est mercredi, tout le monde en congé ou presque, donc tout le monde est dans les transports.

Le train a eu une allure correct, car nous nous arrêtions toutes les 20 minutes à cause du signal d'arrêt qui était tiré. J'imagine que les gens devaient faire des malaises. J'étais plutôt en veine car j'étais debout en 1ere, où la concentration de personnes était moindre par rapport au reste du train. J'étais à côté d'une famille avec deux enfants en bas âge, et le petit garçon s'est avéré assez agaçant. J'ai un peu discuté avec les gens, mais d'une manière générale, le train est un espace assez silencieux, tout comme le bus d'ailleurs.

A Marrakech, j'ai marché jusqu'à la médina où je n'ai pas eu beaucoup à chercher pour un hôtel, car c'est lui qui est venu à moi. Je suis dans un Ryad assez propre, calme, avec des orangers au milieu de la cour, de l'eau chaude dans la douche, et des wc propres. Le tout pour 10€. C'est raisonnable, et de toute manière le couchsurfing n'est pas possible dans ce temps de fête du mouton. J'en vois partout d'ailleurs.
J'ai ensuite un peu dérivé dans la médina, mais la fatigue m'a vite rattrapé. Je n'avais dormi que trois heures la nuit précédente, donc je suis vite allé me coucher.

Le lendemain, je suis parti en vadrouille, et comme Simo me l'a si bien fait remarquer, Marrakech est aussi ArnaKech. Un gars m'a mis la pression, et en plus de lui donner de l'argent pour ses indications, je lui ai changé 4€ en DH. Qu'est ce que je vais pouvoir faire de ces 4€? bon peut importe, j'ai fais mon deuil de l'économie d'argent pour le Maroc, j'essaye de limiter la casse c'est tout.

Sinon la ville est plutôt belle, et surtout elle est rouge, ce qui vaut le coup d'oeil. On peut dériver dans les rues en étant perdu en permanence, et ça c'est plutôt cool.

Je vais continuer ma visite, tout en sachant que mercredi tout sera fermé, donc je vais essayer de visiter un maximum de choses qui seront fermées demain.

A bientôt.

Week end du 14 Novembre

Bonjour à tous et à toutes,

Avec mon ami Simo, nous sommes partis samedi en villégiature dans le moyen atlas. C'est franchement époustouflant, surtout les villes d'eau qui culminent à une altitude somme tout raisonnable. J'ai même eu l'occasion de voir le plus grand cèdre du Maroc, voir peut être même du monde
.
La forêt de cèdres autour de ce cèdre est complètement folle. Elle est immense, fournie, touffue, et constituée de plusieurs espèces méditerranéennes, chênes verts, pins, etc. Elle couvre également une bonne superficie. Ce qui est hallucinant, c'est que les fonds de vallons sont verts à cause de la présence de nombreuses sources souterraines. Tout au long de la route, nous avons pu voir des paysans vendant une partie de notre récolte.

Nous sommes allés manger dans une gargotte autour d'un petit souk provincial. Nous y avons achété des clémentines de toute première qualité. Bon toujours comme d'habitude, les Marocains conduisent vraiment comme des pieds, voir avec leurs pieds, et surtout le gauche au vu de leur façon de doubler.

La veille, soit vendredi, j'ai cuisiné pour Simo et un de ses potes, c'était sympa et on a bien mangé. Ce fut à peu près ma seule activité de la journée, car mon 11 Novembre était vraiment un peu trop too much. La soirée fut sympa car nous avons surtout parlé musique.

Demain dimanche, le programme est non défini, mais risque de ne pas être constitué de grand chose, ou pas.

A bientôt pour de nouvelles aventures.


11 Novembre 2010, journée de l'apocalypse

Rebonjour à tous et à toutes,

Deuxième mail aujourd'hui pour vous raconter ma journée catastrophe :
10h07 : je me réveille tard. Je n'ai pas l'habitude de dormir autant, et il n'y a plus personne de mes hotes dans la maison. Ils sont tous sortis. Je décide donc de partir rejoindre Louise, qui étant malade la veille était restée alitéé. Bon tout va bien jusqu'à ce que j'ouvre mes mails où je trouve un mail assassin d'un gars à qui j'avais fais une demande de couchsurfing. Je lui répond en étant un peu acide, mais rien de bien méchant, j'essaye de lui expliquer mon point de vu.

10H40 : je prends le bus pour le centre ville, dans l'espoir de passer un peu de temps avec Louise, et voir ce que nous pouvons goupillé ensemble pour la suite de nos voyages. Le bus se traine à cause de la circulation hallucinante de Rabat.

11h27 : je rencontre Sébastien, un français. Ou plutôt il m'aborde pour me dire qu'il s'est fait volé ses papiers et tout son argent la veille dans la médina, qu'il est en galère, et que l'ambassade de France est fermée. Il avait pas l'air bien, et dans le doute je l'ai aidé. Bon je pense que c'est 120 DH dans mon cul, mais j'ai l'habitude, et c'est une petite tradition familliale.

11h35 : je retouve Louise et un autre type qui l'accompagne. On discute un brin, on se balade un peu, et je dois vers 12h30 filler rejoindre mes hotes pour manger avec eux. Les adieux sont bizarres avec Louise, car finalement nos routes vont difficiilement se suivre, c'est du moins ce que je pense. Je ne sais pas trop ce qu'elle attendait de moi, mais ce qui est certain c'est qu'en temps que jolie fille au Maroc, elle a beaucoup moins de problèmes pour se faire aborder par des gens.

12h31 : je viens de quitter Louise, et même pas une minute après mon téléphone sonne. C'est le gars de couchsurfing qui m'appelle pour m'assassiner au téléphone. Je tente de lui expliquer mon point de vu, en lui exprimant comment je conçois le couchsurfing, en reconnaissant même que j'ai fais des erreurs dans ma communication, quand il me coupe et raccroche le téléphone. Je trouve que ça commence à faire beaucoup. Mais je ne suis qu'à la moitié de la journée.

13h40 : j'arrive enfin chez mes hotes. Je mange seul car ils ont déjà mangé. Je discute avec la mère, le père étant maladde et peu dynamique. Elle me dit qu'elle va m'emmener faire un tour en voiture dans l'après-midi voir les choses qui sont hors de la ville.
J'attends tout l'après-midi entre télé, lecture, et discussion avec Meriem.

16h30 : Souad, la mère m'emmène faire un tour. On prend la voiture, et on part vers les plages. Elle me parle de choses que je ne devrais pas savoir, et se confie à moi. Je comprends qu'il y a de l'eau dans le gaz. Je ne veux pas faire d'impair et je me garde bien de toute remarque ou de prise de position.

17h25 : nous sommes sur le chemin du retour, et Souad reçoit un appel que je comprends être de Meriem. La situation est chaude à la maison, le père est très mécontent.

17h40 : je suis plus ou moins assigné à ma chambre en attendant que l'engueulade se passe entre les parents, dont je suis indirectement la cause. Le père ne supporte pas que la mère se soit occupé de moi plutôt que de lui, malade qu'il est.
Je sens bien que les choses sont hyper, hyper, hyper tendues. Je propose alors d'apaiser les tensions en partant dès le soir. Meriem me le conseille également. Entre temps, j'appelle Simo qui me propose l'asile politique dès le soir, mais à Fès.

18h40 : je mange sur le pouce avec Souad et Meriem et j'annonce que je pars pour ne pas envenimer les choses. Je préfère partir que me faire virer. L'accumulation de la journée est bien suffisante. Meriem m'emmène à la gare. Je pense qu'elle est bien contente de se débarasser de moi.

19h12 : mon train a 25 min de retard.

19h40 : je monte dans le train, bondé et je n'ai pas de places pour m'asseoir.

19h42 : la demoiselle à coté de moi tombe dans les pommes.

19h45 : elle retombe dans les pommes, mais ce sont d'autres passagers qui la prennent en charge. Elle est évacuée inanimée à l'arrêt d"après. Je n'ai toujours pas de places assises.

19h52 : j'ai une envie de pisser monumentale, mais les toilettes de mon wagon sont bouchées.

19h59 : je suis bloqué dans le wagon d'après car les portes entre les wagons ne s'ouvrent plus, j'avais pourtant enfin une place assise. Au bout de 5 min un type ouvre les portes manuellement. Je m'assois enfin.

21h23 : je suis seul dans le wagon et je sympathise avec Aicha, une prof d'arabe, divorcée, voilée qui parle un peu le français. Elle va à Fès aussi.

21h45 ; Aicha se rend compte que l'étudiante du compartiment qui est descendue à Meknès s'est trompée de valise. Je porte la poisse à tout le monde aujourd'hui. Il faut dire que nous étions dans le seul compartiment dont les lumières ne fonctionnaient pas...

22h10 : je rejoins Simo, et c'est à partir de là que les choses vont beaucoup mieux. On discute jusqu'à 3 h du mat sans s'en rendre compte.

Fin de la journée apocalypse. Beaucoup de claques, beaucoup de choses apprises, beaucoup de choses à digérer. Welcome in Africa.

Je pense cependant diminuer ma production de mails car cela m'inscrit encore trop dans mon monde français. Je vais passer à tous les deux jours voir un peu plus. Le bon tempo sera surement de toutes les semaines. Enfin, inchallah on verra.

10 Novembre 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Il semblerait que je me sois mal exprimé dans mon mail de la veille. Je n'ai en rien fais des choses sexuelles avec Khawla, je l'ai juste emmené pour la première fois, à sa demande, dans un bar. J'ai passé un bon moment, mais je ne me voyais pas , en plus, de payer l'addition, elle est étudiante, et c'est dans ce cas, moi qui pouvait offrir une bonne soirée. Tout comme mes hotes l'avaient fait auparavant.

D'autant que j'ai revu aujourd'hui Khawla entre deux de ses cours, et une fois que les choses ont été établies clairement, je m'en suis fais une amie.

Ma journée du 10 n'a pas été franchement très remplie, en effet, je suis allé voir les derniers grands sites que je n'avais pas vu, c'est à dire la mosquée Hassan, et le tombeau de HAssan II.

La mosquée Hassan est d'une démesure affligeante. Le minaret principal ressemble à un immense dongeon que l'on peut voir à des kilomètres à la ronde. Ce "minaret" chapeaute les restes d'une mosquée aux dimensions staliniennes. Quelque chose comme 200 m de long sur 150 de larges. Tout était couvert, mais il ne subsiste maintenant que les colonnades suite au tremblement de terre de 1755. Cette mosquée aurait du concurencer celle de Bagdad si elle avait été finie. La mort du sultan qui l'avait commandé en a décidé autrement.

Aux abords de cette mosquée, enfin de ses ruines, est construit le mausolée de feu SAR Hassan II, Dieu le garde en son sein. Le sarcophage en marbre et stuc n'a guère d'interêt, alors que le batiment est vraiment très beau. La coupole est magnifique, et l'intérieur est d'un calme qui tranche avec le bourdonnement de la rue à coté.

Voulant faire les choses bien, j'ai ramené des patisseries à mes hotes afin de les remercier, je devais partir le 11 Novembre pour Casa.
Pourtant rien n'a fonctionné comme je le voulais le 11, sujet de mon projet mail.

9 Novembre 2010

Bonsoir à toutes et à tous,

Quoi de mieux pour commencer une journée que d'aller à l'ambassade de Mauritanie. Après avoir galéré pour faire des photos d'identité, je vais joyeusement poser ma demande de visa à 10h59. Or cela ferme à 11h00. Bon on me laisse quand même rentrer, mais là horreur il me manque une photocopie de passeport, où nulle part il n'est inscrit de l'avoir. N'étant pas le seul dans ce cas, mon compagnon d'infortune et moi-même courons faire cette photocopie. Ouf mon dossier est pris.

Ayant une petite idée des distances, après ma longue marche de la veille, je décide de prendre le bus qui m'emmène jusqu'à la médina, où je mange un shawarma frites jus de bananes pas dégueux. Pas cher, et bon, avec tout plein de calories, que demandez de mieux?

Après quelques errements citadins, je prends un petit taxi pour aller récupérer mon visa. A Paris, le maton de l'ambassade m'avait dit que cela prendrait 3 jours, je l'ai eu dans la journée... Bon on m'avait dit 14h, mais je ne l'ai eu qu'à 15h. Là j'ai discuté avec un italien qui descendait avec sa copine au Sénégal. Son camion était à Agadir, donc son véhicule ne m'intéressait pas, il est déjà en train de descendre, or je ne tiens pas à faire la traversée tout de suite, je n'ai pas fini le Maroc.

Puis j'ai discuté avec un guide qui fait souvent la route pour le Sénégal qui m'a confirmé l'existence de bus, grands taxis, et 4X4, qui font la ligne entre Lâayoune et Nouakchott.
Je suis rassuré et je ne pense pas quitter le Maroc tout de suite car je peux traverser la Mauritanie jusqu'au 8 Décembre. A l'ambassade, j'ai aussi rencontré Louise, une Française qui voyage comme moi, mais qui elle va jusqu'au Burkina Faso. Nous pensons faire un peu de route ensemble, entre autre jusqu'à Ouarzazate, puis surement la traversée de la Mauritanie.

Je suis ensuite allé visiter la Chellah, ruines où se superposent une cité romaine et une nécropole mérinide. C'est une citadelle qui ferait pâlir d'envie un Alsacien avec les 30 à 40 cigognes qui nichent et se reproduisent là. Ca baise dans tous les sens c'est grave abusé. Le pseudo-guide michelin que j'avais sur moi disait que c'était "les ruines les plus romantiques du Maroc", les cigognes ont bien compris le truc en effet. Et bien c'est tout à fait exact, elles sont hyper romantiques. J'ai pu librement me balader dans un forum vieux de 2500 ans. Nous devions être entre 5 et 10 personnes sur le site, j'ai pu donc respirer le calme et prendre des photos rendant bien compte de la beauté des lieux, du moins je l'espère. inchallah
C'est mon côté historien qui m'a retenu de ne pas marcher sur une mosaïque qui serait du plus bel effet dans ma maison des bois quand les parents l'auront fini...

Outre le forum romain, les cigognes, et la citadelle méniride, les ruines de la nécropole royal des Moulay resplendissent avec leurs décors travaillés et colonnades mégalomanes. Si les Romains ont construits en pierre blanche, les premiers sultants marocains avaient une nette préférence pour le rouge. Le contraste est spectaculaire. Ces merveilles sont entourées d'un jardin quasi équatorial car très humide. Et ce jardin, pour se mettre au diapason des murs qui l'entourent, est constitué de nombreuses nuances de rouge. Je ne sais pas si c'était pour joindre l'utile à l'agréable, mais la flore qui m'entourait n'était composé presque que d'arbres fruitiers, et d'agrumes en particulier.

J'ai pourtant subi une tuile de tout premier ordre dans ce lieu divin, mon appareil photo argentique n'avait plus de piles. Et comme j'ai également oublié de prendre mon chargeur de batterie pour mon numérique, j'étais bien dans la merde.
Bon, de toute façon, il me fallait aller retrouver Louise et son guide, pour une petite de la médina.
J'ai refais avec elle et son guide, le voisin de la gendarmerie royale de son hôte, un petit tour de médina. J'en étais plus à quelques km près. J'ai même trouvé des piles pour mon appareil photo numérique. Et il s'est remis à pleuvoir pour compenser la chose. Putain de marée annonciatrice de nuages porteurs de pluie.

Vers 18h, nous nous sommes quittés et j'ai un peu erré en ville pour finalement trouver un chargeur de batterie pour mon numérique. Je n'ai normalement plus de problèmes d'alimentation, outre que je mange de trop dans ce pays de plats mitonnés.
Bon ce fut une journée qui m'a couté cher tout de même. 350 Dh de visa, plus 170 Dh de chargeur de batterie, plus 80 Dh de piles, ce qui nous fait un petit 600 Dh, soit un peu moins de 60€. De grosse dépenses à relativiser donc.
On doit par ailleurs ajouter les frais liés à ma rencontre avec Khawla, une délicieuse Marocaine de 19 ans qui m'a fait du rentre-dedans, que j'ai totalement accepté. Rien de bien méchant,et cela m'a permis de passer une soirée agréable. Je lui ai fais son dépucelage non sexuel, elle est allée pour la première fois dans un bar boire une bière. Je faisais pas trop le malin non plus, ne sachant pas trop ce que cela pouvait impliquer de consommer de l'alcool avec une Marocaine de 19 ans.
Cela m'a tout de même beaucoup amusé de me faire manipuler car je savais très bien ce qu'elle attendait de moi. J'ai beaucoup ri de son numéro de séduction, et j'ai accepté ce que je voulais bien accepter. Soit pas plus de 15€ dans la soirée. Une fois la somme atteinte, ce fut un au revoir pas vraiment déchirant, plutôt piteux en fait.

Bon au final, j'étais là où je loge à 22h30. Ca va quoi...

8 Novembre 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Grosse journée en comparaison d'hier. Tout d'abord je suis allé aider Souad, la mère de Meriem à préparer sa rencontre de l'après-midi avec l'association de la princesse du Maroc. Nous avons donc réfléchi aux activités possibles pour une campagne de lutte contre le tabagisme à l'université Mohammed V Souissi de Rabat. J'aurais aimé travailler plus sur le fond mais le temps imparti était trop court. Je vais lui proposer d'y réfléchir une prochaine fois.

Je suis donc maintenant invité perpétuel chez eux.

L'après-midi, je suis allé à l'ambassade de Mauritanie au Maroc, et je ne pourrais déposer ma demande que demain. Les Mauritaniens ne veulent vraiment pas qu'on aille chez eux, vu comment ils sont aimables!

J'ai ensuite commencé à visiter Rabat. Enfin j'ai surtout beaucoup marché, et je n'ai trouvé que la nuit tombant, vers 17h30-18h, ce qu'il y a de vraiment très magnifique. Soit la Kasbah qui surplombe l'Atlantique et l'oued, et le grand souk couvert. C'est absolument sublime, et d'une délicatesse à faire pâlir d'envie un joueur de piano sur du Mozart. J'en suis déjà à ma 4e péloche en une semaine.

Rabat est plus fraiche que ce que j'ai visité jusqu'ici, à plus d'un titre d'ailleurs. D'abord d'un point de vue des températures, la proximité de l'Atlantique jouant pour beaucoup, et ensuite d'un point de vue de l'ambiance. La ville fait moins chaleureuse, car ce n'est qu'une succession de batiments verticaux et de palais gardés, du moins pour ce que j'en ai vu.

Pour le coup, si Tanger est très occidentale, Rabat c'est l'Europe. D'autant plus que le tram arrive dans deux mois. Pas un mal quand on y pense au vu de la circulation intra-muros.

Rabat, à la tombée de la nuit, à proximité du grand souk, est un véritable foutoir, surtout lorsqu'il se met à pleuvoir. La course aux taxis est alors lancée.

J'ai tout de même passé une agréable journée malgré les kilomètres que j'ai pu faire, et celle de demain s'annonce aussi bonne, surtout si Simo me rejoint pour la soirée.

Les Marocaines sont foutrement bien gaulées, mais je les trouve trop inaccessibles. Ce qui étonnera certains de me savoir respectueux des us et coutumes, et de ne pas faire mon gros butor.

7 Novembre 2010

Bonsoir à toutes et à tous,
Aujourd'hui j'effectue mon transfert entre Fès et Rabat. Rien de réellement passionnant si ce n'est que des gamins ont caillassé le train dans lequel j'étais. J'ai vu des immenses champs d'oignons et des vignes qui s'étendaient à perte de vue.

En arrivant à Rabat, je suis allé rejoindre la personne qui me loge. Meriem, 32 ans, marocaine d'origine ayant vécu 14 ans en France et aux Etats-Unis. Elle m'a emmené chez ses parents avec qui je me suis très bien entendu, lui est médecin, et elle tient le centre médico-social de la fac Mohammed V Souissi de manière bénévole.

Après avoir longuement parlé de ma formation, elle m'a proposé de venir faire un tour dans le centre médico-social pour que je me fasse une idée de ses activités.
Je dois demain aller au consulat de Mauritanie, ce qui me réjouit à moitié en vérité.

Je n'ai pas grand chose d'autre à raconter ce soir, car la journée fut en vérité assez calme et courte avec les 3h de train entre Fès et Rabat, et les 2h d'attente dans un café devant un match de foot, en attendant Meriem. Je peux éventuellement exprimer ici ma légère colère du matin quand j'ai découvert que les deux autres couchsurfers étaient partis sans faire la vaisselle, et que par conséquent c'est moi qui ai vidé le lave vaisselle pour le remplir avec ce que l'évier contenait.

Je suis toujours aussi content d'être ici, car tout va bien, et si j'en crois mes premières impressions, mes logeurs sont prêts à me donner du boulot dès que je le veux... Enfin ce sont des promesses de Marocains comme Meriem dit.

Bonne soirée

6 Novembre 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Je pars aujourd'hui faire l'aller-retour entre Fès et Meknès. Le trajet se fait sans encombre si ce n'est qu'il n'y avait plus de sièges libres dans le train, et que par conséquent je me suis assis dans l'allée. Autre chose d'intéressant, j'ai payé plus cher de cookie et thé à la menthe au café de la gare que de billet de train, cherchez l'erreur.

En arrivant à la 2e gare de Meknès, j'aide un anglais en le renseignant sur les horaires de train. Lui aussi retournait sur Fès le soir, et sans réellement en discuter nous avons passé la journée ensemble, lui aussi voyageant seul. Paolo, 48 ans s'est avéré être le compagnon de visite idéal. Sympa, courtois, dans la même idée du voyage que moi : loin des touristes, sans guide, préférant la vraie vie des vrais gens au shopping dans les boutiques pour toutous.
J'ai donc passé ma journée à parler en anglais, et ce fut tout de même une superbe journée, à la fois pour le climat et la visite.
D'autant plus que Meknès est bien plus agréable que Fès. La ville semble être moins sous pression, et la visite a été bien plus calme car nous avons été moins sollicité par les commerçants. Il faut voir aussi que les touristes semblent moins nombreux. J'ai donc bien plus apprécié Meknès que Fès. D'un point de vue culturel, Meknès a pour moi bien plus d'attrait que Fès, qui sans être moche, fait plus artificielle.

La médina, sans être immense, n'en reste pas moins un lieu de vie essentiel, elle est posée juste à côté de la grande forteresse, imposante, où les murailles et les casernements sont habités. Par hasard, nous sommes tombés sur une magnifique medersah où nous avons pu accéder au toit. Point de vue sur la vieille médina et les alentours hors du commun. Nous avions une vue imprenable sur la mer de paraboles et les terasses où le linge séchant et les chats faignantants se repartissaient le soleil.
Comme le mektoub (destin) fait bien les choses, nous avons pu admirer un vol de cigognes logeant en haut d'un minaret de la grande mosquée. Vol gracieux au-dessus d'une ville apaisée.

Au cours de nos pérégrinations vers l'inconnu et le nulle part, nous sommes tombés sur un mûrier multiséculaire, un artisan damasquineur qui nous a présenté son art, un vendeur de tapis berbères qui m'a expliqué les significations et différences des killims (tapis), et un marché haut en couleur de frippes qui valait son pesant d'arachides.
Le retour sur Fès fut tardif, et la journée loin d'être reposante au vu des 15 km de marche que nous nous sommes imposés.

Mon voyage se passe de mieux en mieux car ma compréhension du contexte dans lequel j'évolue s'aiguise de jours en jours.
Cela fera, demain, une semaine que je suis parti, et que par conséquent je suis ici, et les regrets ne m'ont pas (encore) assaillis. Je pars demain pour Rabat pour faire mon visa de transit pour la Mauritanie. J'ai déjà un point de chute pour dormir donc tout va bien.
Je sais que vous attendez tous avec impatience mes messages quotidiens, mais, d'une part va pas falloir vous habituez car je n'aurais pas internet tout le temps, et d'autre part ceux qui souhaitent ne plus être dans mon mail commun doivent me le faire savoir, je prendrais les dispositions nécessaires.
A bientôt!

5 Novembre 2010

Bonsoir à toutes et à tous,

Visite de Fès aujourd'hui qui aurait dû être hors du commun si ma guide ne m'avait pas lâché si tôt. Et oui, une guide, celle qui la vieille m'avait permis de retrouver Simo et ses potes alors que j'étais presque égaré. Selon Simo, c'est la technique des marocaines pour finir la bague au doigt. Elle m'a emmené au borj nord, sorte de petit fortin où est sis le musée des armes. Comme elle m'a planté là, et bien j'ai visité le musée, plutôt naze d'ailleurs, et je suis allé me prendre un thé en terrasse avec la ville en contrebas. Simo m'a alors chargé d'aller chercher un couple de couchsurfer, car lui partait à tanger. C'est donc moi qui ai fait le maitre de maison.

Après un aller-retour avec l'appartement, je me suis refait un petit tour dans la médina. Puis je suis rentré assez tôt car j'étais fatigué de ma courte nuit, et de mes 10 km de la veille. D'autant que j'en ai refait 10 de plus aujourd'hui. Et 10 km ce n'est pas rien quand on marche dans une kasbah bondée. Fès est une belle ville, mais putain de bordel à cul qu'est ce que c'est étendue!

Demain je vais aller faire un tour à Meknès, car Simo me prête son appart' pour le temps que je désire. Une super rencontre de plus. Et comme d'hab' je suis aux frais de la princesse. Ce site, et le principe du couchsurfing sont vraiment géniaux. Je sens que je ne vais pas m'emmerder de ce voyage.

Autre chose de très agréable, et une bonne nouvelle, le taux de change que j'ai eu est exeptionnel, et je n'ai pas dépensé tant d'argent que ça. C'est good cette affaire!

4 novembre 2010

Bonsoir à toutes et à tous,

Du match de foot, je n'ai eu que les clameurs à chaque but car j'ai finalement passé la soirée avec mes deux français, Mathieu, musicien pro, et Benjamin, ingé son à BXL.
Nous sommes allé rejoindre un ami à Mathieu qu'il avait rencontré l'année passée ici-même.
Ce marocain est un petit vendeur de souvenirs mais c'est surtout un joueur de gambele, sorte de guitare à trois cordes, au corps en forme de balafon.
Ben l'a enregistré, et mes deux français l'ont accompagné à la percussion. Moment mémorable au fond de sa boutique de pseudo antiquités qui venaient de loin :
lampes égyptiennes, masques africains, théière française de l'époque coloniale, en passant par un mousquet touareg.
Rien de particulièrement fèsien, mais intéressant tout de même. Il a joué presqu'une heure mais je n'ai pas cédé à ses demandes de nourrir son instrument. Soirée mémorable d'autant plus que Simo m'a appellé et que par conséquent je n'ai pas à m'inquiéter pour mon logement de ce soir.
J'en suis d'autant plus content que ma pension toute miteuse où j'étais logé n'avait pas d'eau chaude, et que j'ai dû m'essuyer à l'eau.

Simo, chez qui je suis allé ce matin n'est que le directeur sectoriel de l'agence immobillière royale. En fin de matinée, j'ai été voir le palais royal, ou plutôt un des palais du roi, et un bout de la vieille médina avec un guide spontané qui n'en est pas pour son argent. Il a eu weloo, comme je lui avais dis au départ.
J'ai visité des ruelles en mutation où peu de touristes vont car je n'en ai pas croisé, alors qu'ils sont très très nombreux ici. J'ai pu encore plus m'en rendre compte quand j'ai tenu la boutique de mon musicien marocain, où je me suis amusé à faire un comptage. En une demi-heure de temps j'ai vu : 12 Américains, 3 Français, 2 Catalans, 2 Estoniens, 2 Ecossais, et des gens qui ont refusé de me parler car je dois ressembler à un Marocain....
Je n'ai rien vendu pour mon ami et c'est peut être une bonne nouvelle pour son commerce, vu comme je suis doué pour les affaires.
Je commence à prendre le plis, et je suis de moins en moins sollicité, il y a même des toutouristes qui me prennent pour un Marocain.
Fès chatoie d'un  bleu turquoise troublant, et respire la ville ancienne. Les siècles d'histoire se superposent, et la vieille kasbah est libre de voiture, ce qui est agréable, mais pas des motos, ce qui est moins agréable. Si la structuration de la kasbah est sensiblement la même qu'à Tétouan ou Tanger, c'est sa taille qui est significative. La kasbah est gigantesque, et plus du cinquième de la population de Fès y vit. Il y aurait par ailleurs plus de 20 km de remparts ceignant les différentes implantations de la ville.

Après la visite de la vieille ville, je suis retourné chez Simo qui organisait une soirée avec ses potes. Et je n'ai pas été déçu. J'ai rarement pris une cuite comme ça, ni fréquenté une boite avec des putes à toubabs qui attendaient alignées à l'entrée. Un vieux blanc libidineux était sur place et avait déjà la main au panier... Ambiance surréaliste car les potes de Simo, en plus d'être des amateurs de reggae étaient chez eux. A plus d'un titre car nous sommes allé dans la boite d'un de ses potes. Enorme! On a ri, beaucoup, bu encore plus, et été abordé par ces demoiselles peu vetues. Je n'ai rien fais ou tenté car je ne suis pas amateur de ce genre de rencontre.

On a fini à 4h du mat' dans une gargote pour manger une soupe et des brochettes pour faire retomber le taux d'alcool dans le sang...
J'ai bien dormi...
La suite demain!

3 Novembre 2010

Bonsoir à tous et à toutes,

Comme tous les jours, je vous envoie mes notes de la veille.
Ca y est, j'ai déjà perdu mes repères temporels. J'ai eu l'impression hier au soir, pour le match FC Copenhague-Barça, d'être là depuis longtemps. J'ai enfin rencontré des Marocains qui n'étaient pas intéressé. Beau match, énorme ambiance, que du bon quoi.
Aujourd'hui, j'ai pris le bus. c'est long, c'est chiant, et je dois être maudit, car ceux qui vomissent sont toujours pas loin de moi...
La GPK est également stressante parfois... la GPK, c'est la Géolocalisation Par Klaxon...
Donc entre la GPK, les musiques, celle du bus, et celle du voisin de derrière, je suis un peu usé...
L'arrivée sur Fès vaut largement la réputation de l'endroit.
Ma première nuit ici ne se fera pas en couchsurfing mais dans une pension à 80 DH. C'est miteux, mais c'est juste pour dormir, et pas pire que certains autres endroits.
Les touristes semblent être plus nombreux, et l'ambiance effectivement différente, comme ce que Karim semblait entendre.
Comme je parle trop d'argent, je vais devoir m'appliquer à décrire le Maroc d'un peu plus proche.
D'abord, ici il n'y a pas de rats. En effet, les chats "sauvages" se balladent partout, ils ne sont pas forcément grassouillet, mais sont tolérés partout. En moyenne 4 ou 5 par café.
Seconde chose intéressante, si les kasbahs et les médinas sont des joyeux foutoirs de ruelles étroites et sinueuses, le reste des villes est plus stalinien (ou Haussmanien) dans sa construction. Les larges avenues et les barres d'immeuble ne sont pas me rappeller la Pologne ou la Bulgarie. Tout est neuf cependant, les immeubles délabrés éparses.
Il y a probablement urgence de mettre au point une sécurité routière car les véhicules sont vraiment très (trop) nombreux, et les accidents fréquents (selon les Marocains) même si je n'en ai pas encore vu. On double ici à la sauvage, et en klaxonnant. Je n'ai jamais eu peur en voiture, mais je ne me risquerais pas à conduire ici.
Le programme de ce soir sera footballistique avec deux Français qui m'ont emmené dans leur pension et qui sont d'à coté de Marseille.
Demain je visite Fès.

2 Novembre 2010

Bonsoir à toutes et à tous,

Aujourd'hui c'était Tétouan. C'est une ville splendide avec une Médina et une kasbah magnifiques. Le souk est indescriptible : les odeurs, les couleurs et les sons sont intranscriptibles. Ils n'existent pas de mots pour en faire l'éloge! On peut passer d'épices odorifères et multicolores à des têtes de mouton qui pourrissent... Avec au milieu de tout ça un quincailler qui démonte un fer à repasser sur son tas de poubelles électroniques.

C'est alors que Mustapha m'a abordé. Au début, méfiant, j'ai esquivé les questions et essayé de ne pas me laisser faire. Et comme il avait l'air différent, j'ai cru à un type honnête qui voulait juste me montrer sa ville. Après les passages au souk berbère et au marchant d'épices berbères, je savais pertinemment qu'il allait me demander quelque chose. N'ayant pas acheté d'anti-moustique en France j'ai craqué pour de l'huile d'argan.

A 11h59, soit une minute avant d'aller chercher les enfants à l'école mon "ami" m'a demandé un paiement pour ses prestations. Et gling 100 DH pour lui et son pote qui aurait assuré notre sécurité. Je sens que le paradis est de plus en plus proche si le royaume des cieux appartient aux innocents...

Bon je continue à me faire rouler mais ça va mieux. Je mange divinement bien et le thé marocain est excellent, très sucré et très menthé.

Je n'arrive toujours pas à atteindre le train de vie que j'imaginais avant de partir mais je vais m'en rapprocher c'est sur. Surtout au vu du prix des transports... 13 DH le Tanger Tétouan, et on peut manger à ma faim pour 25 DH.
Je me rends compte que je ne parle que d'argent, ça m'ennuie un peu mais c'est parce qu'on en a pour l'instant qu'à mon flouss...

1 er Novembre 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Tanger est définitivement une très belle ville. La kasbah et la médina sont sublimes, mais avant tout très vivantes! Mêmes là où les toutouristes ne vont pas. J'ai encore dû me montrer très désagréable pour ne pas avoir de guides dévoués à mon porte-monnaie, je sens que ce n'ai pas fini de toutes façons. Je n'aime pas les guides, comme les chauffeurs de taxi d'ailleurs, surtout parce que je n'aime rien de plus que me perdre dans les dédales des rues de la kasbah, avec un guide impossible. Je suis allé au Hafa café sis sur une colline surplombant l'océan, d'où l'on peut voir l'Espagne et les vagues bleues turquoises qui s'écrasent plus bas sur les récifs. Juste à côté du Hafa il y a la maison de BHL et Arielle Domsbale. Je ne les ai pas vu. Je me suis cependant plus attardé sur les tombes phéniciennes creusées à même la roche que l'on trouve là.

Au cours d'une de mes perditions au fil de mes pas, je suis passé à côté du palais, tantôt en ruines, tantôt resplendissants, mais tous avec vu sur l'océan. Le roi possède un palais qui va être refait. Il y a des gardes assignés à la surveillance d'une ruine royale, c'est assez particulier.
Tanger est une ville blanche, non pas à cause des toubabs, trop nombreux à mon goût et en groupe avec un petit autocollant portant un numéro, mais par ses constructions verticales en béton.

Il y aurait 800 000 âmes (si les arabes ont une âme évidement) à Tanger, cela parait vraisemblable au vu du grouillement de certaines rues, de la hauteur des bâtiments, et de la surface de la ville. A pied, c'est grand. Surtout quand on cherche la gare et qu'on ne sait pas où c'est. Bon je ne dis pas que le quartier des ministères n'est pas glamour, mais pour les prix et horaires des trains c'est peu pratique.
Je serais demain à Tétouan, mais en bus ce coup-ci.

31 Octobre 2010

Bonjour a toutes et a tous,

J ai donc commencé mon périple a la St Quentin.
La séparation a l aéroport ne fut pas aussi dur que je l imaginais. Je n ai pas eu le temps de beaucoup gamberger car je suis rapidement monté dans l avion. J ai pas mal discuté avec mon voisin, un marocain qui avait fait ses études en France, à Nancy pour être exact. Lui allait jusqu à Casa par contre. Au moment où je commençais à m'ennuyer ferme et que je sortis Archos et bouquin, on annonçait notre arrivée sur Tanger 10 minutes après. Entre l'atterissage et la récupération de mes bagages, guère plus de 20 minutes se sont écoulés. C'est à ce moment là que j'ai commencé mon douloureux apprentissage du Maroc. Car si le gardien de l'aéroport qui m'a loué son portable pour que j'appelle mon hôte était sympathique les 20 dirhams qui m'a demandé pour ça était exagéré. 37 secondes de communications à 2€ c'est pas donné quand même...

J'ai retrouvé Abdelmalik (mon hôte) au tennis municipal 30 min après avoir pris le grand taxi à 100 Dihrams (aie). C'est un homme plus que charmant et très amical avec qui je partage beaucoup de choses et de points de vue et qui a beaucoup voyagé lui aussi. Il est cependant très agaçant car il m'empêche de payer quoi que ce soit!!! En plus de me loger il paye restos et bistrot! Il n'a certes pas de problème d'argent mais tout de même!

Bon j'arrive à me trouver des problèmes d'argent tout seul... Je compense en faisant des conneries pécuniaires : Non les téléphones portables neufs à 37 Dirhams n'existent pas! PAr contre en Euro c'est possible! Et paf 37€ soit 370 Dihrams dans ma face! Par contre j'ai un beau portable tout neuf et un numéro marocain (+212 (0)6 53 62 02 57). Petite incompréhension de l'annonce fait en € et pas en Dihrams... MAis qui n'en est pas vraiment une car après renseignement c'est le prix d'un NOkia, et au final j'y gagne par rapport aux prix des coms locales... Ma 2e erreur de tunes (dans la même après midi, oui oui) ne m'a pas coûté grand chose tout de même (23 DHM soit 2.3 €). Un homme de 43 ans m'a suivi en prétextant qu'il ne trouvait personne à qui parler et qu'il me trouvait sympathique, mais j'ai rapidement compris qu'il en voulait à mon pécule. Je lui ai offert un café et mon restant de féraille et il m'a laché.

Je débute mais j'apprends vite. Aujourd'hui je n'ai laché que 10 DHM à des jeunes guides à qui je n'avais pas demandé grand chose. Sinon tout va bien et tout commence bien! D'autant que Tanger est une ville magnifique, que la Kasbah et la Méhdina sont hors du commun! Je suis plus que content d'être là, et demain je vais visiter Tétouan et Chefchaouen, et je reviens dormir chez mon hôte.
Je partirais vraisemblablement mercredi pour Fès.
Ce pays me plait beaucoup et je ne regrette pas d'être là!

Grosses bises à toutes et à tous!