samedi 29 janvier 2011

6 jours de caravane


La caravane de l’ESS

Jour 1 : RDV donné à 6h30 à Patte d’Oie, donc je me lève à 5h pour y être vers 6h15. Je prends un peu d’avance car on ne sait jamais avec ce genre de RDV. Bon manque de chance, ou normal, mais le bus n’arrive qu’à 7h15. On part dans la joie et la bonne humeur, et surtout dans la fatigue, déjà.
Après l’étape de Rufisque, les chants ont commencé, bon je me suis un peu endormi, mais l’ambiance était agréable et très chaleureuse. Ca me rappelait un peu les bus de retour du rugby.
Etrangement le voyage s’est passé sans encombre. Sauf qu’il n’y avait pas de Tiep au petit déjeuner, mais des sandwiches entre autre à l’omelette. Heureusement on en a eu le midi, à Saint Louis.
Comme prévu au programme nous sommes allés à la mairie de Saint Louis pour le lancement officiel de la caravane. Bon, comme au programme, plus quelques heures de décalage, rien de grave, mais ça laisse le temps d’écrire et faire connaissance avec les gens de la caravane.
Pour le moment nous sommes une quarantaine, mais le chiffre va surement augmenter. A la mairie, nous avons, enfin plutôt, ils ont installé les expositions des productions artisanales des participants, ce qui était une chose drôle et sympa. J’ai dû refuser de tout acheter car je suis loin d’avoir les moyens. Ce qui a d’ailleurs permis à certaines de se renseigner sur mon statut matrimonial. « Achète ça pour ta femme ! –J’ai pas de femme. – Achète ça pour ta copine alors ! –J’ai pas de copine non plus. – Ha bon ? »
Les discours officiels de lancement ont alors commencé avec un peu de retard, et au milieu des discours convenus  de remerciement, le maire de Saint Louis a éclairé la tribune. Cet homme a tout compris, et a une vraie vision d’avenir, solide et pragmatique. Il n’est pas que dans le discours, son implication étant réel.
Si tous les politiques étaient comme lui, le monde irait mieux. Intelligence, dynamisme, et respect des intellectuels le caractérisent. Il a ensuite fait le vernissage de l’exposition.
Puis nous sommes rentrés à la maison de Lille ( et non pas de l’île comme je le croyais au départ) pour manger et faire chauffer la sono sur des sons tonitruants de Mbalaxh. Le coucher a été tôt pour l’ensemble des caravaniers à cause de départ aux aurores à Dakar.
Jour 2 : le réveil ne fut pas si difficile que ça, la joie ou du moins la bonne humeur guide toujours nos pas. La matinée va se passer à l’université auprès du professeur Sambou Ndiaye.
L’intervention de ce prof, comme toutes les interventions, a eu lieu en wolof, je n’ai donc pas tout compris. Les différents powerpoint m’ont permis de comprendre plusieurs choses néanmoins. D’abord que Sambou est très fort et politiquement très engagé. Ensuite que la militance de certains africains  dans le rejet des valeurs occidentales en terme scientifique est réelle.
Et enfin, que d’autres voies de développement sont possibles, et Dieu merci sans les occidentaux. Bon je n’ai pas tout compris mais ensuite sont intervenus :
-          Cheikh Pathé pour Enda qui a présenté l’entité ecopole qui consiste en l’appui des réseaux de jeunes et de femmes pour créer des AGR (Activités Génératrices de Revenus).
-          Papa Meissa pour l’ASEM qui a présenté le réseau des écoles qui utilisent tout ou partie de la méthode Freinet. C’est intéressant et forcément prometteur car les possibilités ici sont moins sclérosées qu’en France.
-          Monsieur Dia pour le comité inter-bidonvilles qui a expliqué comment sont récupérés les bidons, les plastiques pour être revendus pour en tirer des revenus.
Même si la rencontre ne fut qu’en Wolof, elle fut tout de même enrichissante. Les gens étaient contents. Des nouveaux caravaniers nous ont rejoints.
L’après-midi étant vierge de toutes activités, je suis allé visiter Saint Louis avec les Belges et la Hollandaise. Pendant ce temps, un match de foot était organisé et les caravaniers se sont dispersés en petits groupes. Il a donc été convenue le soir même de mettre ces temps « libres » à profit pour organiser des animations autour du feu par exemple.
Cela se met en place gentiment et ça va déchirer.
Un groupe commence à apparaitre, ce qui est hautement sympathique.

Jour 3 : nouveau départ vers des cieux toujours aussi bleus. Le groupe était prêt à partir vers 10h après un petit déjeuner aussi efficace que riche.
L’ambiance dans le bus est excellente, les musiciens s’en sont donnés à cœur joie. Après un passage à Richard-Toll où nous avons été reçu par des adjoints au maire, mais où les activités ont été annulées pour des raisons bassement financières. Un petit concert a été donné et on a pu sentir qu’il en faudrait peu pour que les gens rejoignent cette caravane. L’explosion de joie n’était pas loin.
L’après-midi s’est déroulé tranquillement à Dagana où nous sommes logés de la meilleure des manières par l’ASEM dans un centre d’accueil pour les formations d’éducateurs en méthode Freinet. C’est propre, bien entretenue et confortable. En début de soirée des petits matchs de foot ont été organisés. C’était pas mal, mais aucun match ne peut être vraiment amical ici.
Dans la soirée, la veillée autour du feu a eu lieu. Au menu, il y a eu des danses et des chants traditionnels, un combat de coqs humains, et des histoires autour du feu et sous la lune. Ce fut pour l’esprit comme la soie sur le corps. Je n’aurais aimé être nulle part ailleurs.
Même si ce ne sont que des caravaniers qui ont participé à la veillée, l’état d’esprit y était fantastique.

Jour 4 : après un copieux petit déjeuner, les caravaniers ont été visiter en 4 groupes, 4 expériences.
J’ai découvert et appris beaucoup de choses aujourd’hui. Nous avons tous beaucoup appris et découverts des choses.
La visite d’une école Freinet construite selon des critères bioclimatiques est difficilement descriptible. Tout y est incroyable, les salles de bâtiments, l’organisation, les personnes qui y travaillent, ou plutôt qui y vivent. Si les murs sont des modèles, les principes éducatifs sont également intéressants. Avec la pédagogie Freinet, les enfants sont responsables les uns des autres, et les différentes commissions sont portées par les enfants.
Ou comment l’école de Dagana au Sénégal a 50 ans d’avance sur l’éducation nationale.
D’autant plus que la mixité sociale est un fait et que les parents doivent payer quelque chose pour l’éducation de leur enfant, suivent leurs moyens, quelque soit leurs moyens. Le sentiment que l’on a en voyant cette école est : « qu’est ce que je peux faire pour eux ? ».
Il semblerait que les autres groupes aient vécus des expériences aussi enrichissantes que la notre.
Le podium des artistes qui a suivi fut une sacrée réussite, car près de 200 enfants étaient là. La qualité des artistes n’était pas à critiquer, à part peut être les playbacks de rap. Les musiciens qui font partie de la caravane sont exceptionnellement bons. L’autre groupe traditionnel était excellent, les femmes très en jambe, et le grateux vraiment exceptionnel. Un succès total pour les musiciens locaux qui fait plaisir.
Le soir nous nous sommes faits une séance photo, et il y en a des biens.
Une autre grande et belle journée s’est passée le long du fleuve dans la caravane de l’économie sociale et solidaire.

Jour 5 : Le groupe s’est divisé en deux, la quasi-totalité du groupe est allé à la mairie de Dagana pour une conférence sur la décentralisation.
Les têtes pensantes, plus moi, sommes restés au centre Grossman pour une réunion des partenaires. C’est un honneur, mais en wolof encore.
Après le déjeuner, nous avons été remercié les cuisinières en musique pour avoir aussi bien mangé. Après cela, nous avons décollé pour Guédé.
Sur le chemin, au marché de Tirédji, nous avons faits une petite pause musicale histoire d’animée le trajet.
L’arrivée à Guédé valait son pesant de cacahuètes avec une piste très étroite où le bus passait tout juste.
Là, et las, nous nous sommes installés et avons discutés en attendant le repas puis la veillée culturelle. J’en ai profité pour visiter un peu le village en aller chercher des chaises et une chèvre d’appoints. La veillée culturelle consistait en un concert de nos musiciens qui étaient originaires de Guédé.
Le frémissement des 300 personnes présentes à l’entrée sur scène des enfants du pays était saisissante de bonheur insoutenable. Donc grosse ambiance, et gros délires pour des gens peu expansifs normalement. Et pour une fois, j’ai dormi à la belle étoile sous moustiquaire. J’ai été réveillé par le froid à 5h30.

Jour 6 : Après un réveil difficile parce que glaciale, et un petit déjeuner presque copieux, nous sommes allés visiter l’atelier de transformation du riz bio cultivé au village. C’était intéressant de voir comment le riz était trié et mis en sachet. Nous sommes allés voir ensuite les rizières et les champs de tomate, la station de pompage, et la mutuelle des groupements de paysans. Ces expériences sont simplement hallucinantes et à reproduire.
L’après-midi a donné lieu à la réunion de bilan des expériences avec les partenaires. Ca a été presque pas mal mais je n’ai une fois de plus rien compris, et en plus quelqu’un s’était permis de fouiller dans  mes affaires pour prendre 10€. Donc j’étais un peu dégouté et énervé.
Nous avons quitté à 21h Guédé et sommes arrivés à Dakar à 7h30 le lendemain. Fatigué, heureux, triste, épuisé.

vendredi 28 janvier 2011

Doudou Quentin Biskrem

Bonjour à toutes et à tous,

Me voici baptisé. J'ai maintenant un nom africain et il s'agit de Doudou, auquel on peut ajouter le qualificatif qui me définie le mieux, c'est à dire Biskrem. Je suis fier, c'est un beau nom. Il m'a été donné par le beau père de mon ami Sénégalais de ma promo de Poitiers, Sory "Président" Kaba. Je ne l'avais pas encore vu alors que cela fait bientôt deux mois que je suis au Sénégal.

Il est venu avec son épouse, ses deux enfants et son beau père donc, manger à la maison pour un magnifique déjeuner japonais, préparé par vous savez qui. C'était une après-midi vraiment sympa qui s'est fini lorsque sa fille en avait vraiment trop marre d'être là. Normal quoi. Mais j'étais vraiment très content de l'avoir revu, et je vais vraiment devoir quitter mon Dakar pour aller le voir dans sa Fatick.

Dans le même ordre d'idée, avec Sylvain qui est arrivé lundi soir, lors d'une promenade dans le marché Sandaga, joyeux foutoir du plateau, nous nous sommes retrouvé dans une fabrique artisanale et nous sommes tombés sur Carlos Semedo et son épouse Christine. Carlos était et est un intervenant du master de Poitiers que nous avions eu en cours donc. Ils étaient là en vacances et repartaient le soir même. Dakar est définitivement toute petite. Nous avons passé quelques heures avec eux, Carlos étant par ailleurs le responsable de la vie associative et des relations internationales de la mairie d'Aubervilliers, et son épouse prof de géographie à l'université d'Evry.C'est pareil, ça fait vraiment plaisir de tomber sur des têtes connues.

C'est pour cela que lorsqu'au centre bopp où est la coordination du FSM, où nous étions allés nous inscrire, cela a fait plaisir de tomber sur Cindy que nous connaissions de Poitiers quand elle était coordinatrice de la SSI de Poitou Charentes. Elle est toujours aussi charmante, et nous avons passé une soirée agréable avec elle et ses collègues du FSM. Ce FSM va être un énorme bordel pas vraiment organisé.

Ce soir, je joue mon deuxième match de rugby contre les militaires, des gars physiques mais à qui il manque du rugby parait il.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, et le bonheur guide mes pas. Je vais même aller bientôt voir pour trouver un travail un peu sérieux dans le coin, même si on m'a presque fait une proposition du côté de Enda. Par contre qu'est ce qu'il fait froid en ce moment, je suis obligé de porter des pulls et des pantalons... Mais c'est vraiment un pays où ça caille!

à bientôt

samedi 22 janvier 2011

5 jours de caravane

Bonjour à toutes et à tous,

Me voici de retour plus tôt que prévu à Dakar, la caravane a été écourtée pour des raisons bassement financières. En effet certains partenaires ont cru que la caravane arriverait les poches remplies de CFA et que nous allions arrosés les campagnes sénégalaises. Ils n'ont pas très bien compris les règles du jeu. En effet à St Louis, la mairie ne pouvais pas assumer tout, c'est à dire qu'elle ne pouvait pas assumer à la fois l'hébergement, et la restauration. Mais la mairie à négocier un bon prix avec des restaurateurs locaux pour que cela n'explose pas le budget de la caravane.

Et bien à Richard Toll, la mairie avait préparé un beau petit budget à 1 millions 7 de CFA pour nous "accueillir". Foutage de gueule. Cette mairie pensait surement pouvoir se remplir les poches sur notre dos. Raté. L'étape a été annulée, et nous sommes passés en coup de vent.

Commençons par le commencement, le départ de Dakar était prévu le samedi 15 à 6h30 pour éviter les embouteillages. Je suis arrivé à 6h10 au lieu de RDV, et le bus est passé nous prendre à 7h10. J'avais pas l'impression de m'être lever pour rien à 5h du matin. Dans le bus nous n'étions pas très nombreux, une vingtaine environ, mais après l'étape de Ruffisque, nous étions plutôt 40. Un chiffre qui va bien.

Vers 10h ce jour là, nous nous sommes arrêtés à Thiès pour le petit déjeuner. C'est là que j'ai eu une niveau de génie pour me faire connaitre par l'ensemble du groupe. Je suis allé acheter des "biskrem", biscuit turc fabriqué en Roumanie, que l'on trouve partout au Sénégal, et qui ne coûte pas cher. J'en ai pris pour tout le monde, et j'ai partagé ces biscuits avec l'ensemble du bus. Et hop, voilà comment se faire connaître facilement. Mon surnom a été tout de suite trouvé, je suis donc devenu Monsieur Biskrem. Et cela m'a suivi tout le long du voyage.
Dans le bus, à chaques dépacements, l'ambiance était extraordinaire avec des danses et des chants pendant presque toute la durée du trajet. C'était une très grande fête, les gens étaient heureux. Certains d'entre eux n'avaient jamais quitté Dakar et sa banlieue. Si l'on devait résumer à une émotion cette caravane cela serait surement : bonheur.

Je me suis formidablement bien intégré à cette caravane, et j'ai découvert des choses extraordinaires. D'abord des personnes ayant une vraie vision à long terme et une idée de l'Afrique très militante, et ensuite des projets et des réalisations novatrices ou simplement intelligentes. Les individus qui étaient là m'ont permis d'avoir une idée vraie de ce qui motive les gens à travailler dans le champ de l'économie sociale et solidaire.

La mixité sociale était une réalité, en effet il y avait aussi bien des gens illétrés que des universitaires chevronés.
Cette caravane était une vraie réussite de mon point de vu, malgré les couaques, et les ratés.
Je me suis enfin fais des amis sénégalais qui ne soient pas intéressés par mon porte feuille. Je compte bien garder le contact et les visiter régulièrement. Ca fait plaisir.

Dans le désordre, nous avons visité des expériences hors du commun avec une école pédagogie Freinet construite bio-climatiquement, des cultures de riz bio, des champs de Mil en culture de décrue, des centres de formation professionelle en couture, cuisine, et arts ménagers, des valorisation de monuments historiques, des champs de tomate, une mutuelle AMF (Activité de Micro Finance), ...

L'intêret majeur de cette caravane est que ses participants étaient surtout des professionnels de ces métiers là. Des gens qui pratiquent quotidiennement ce qu'ils ont vu, mais avec une approche et une façon de faire différente. Ils ont ainsi pu repartir avec la tête remplie d'idée et de nouvelles choses à mettre en place. Le partage d'expérience est vraiment fondamental.

Par ailleurs, nous avons toujours été magnifiquement reçus, parfois logés dans des conditions peu confortables, mais j'ai connu pire tout en payant pour ça, mais toujours parfaitement bien nourris. Je commence à ne plus souffrir des épices et surtout mon estomac résiste très bien à l'eau du robinet et à la nourriture locale.
On m'a traité pas mal de fosi de Sénégalais quand je me mettais à partager la viande dans les plats communs et à la distribuer, ou quand je répondais en wolof aux questions. Une femme m'a même dis que j'étais cool, ce qui semblait dire que les toubabs qu'elle connaissait ne l'étaient pas. Je ne sais pas trop le sens qu'elle mettait derrière ce mot, mais je l'ai pris comme un compliment.

En somme, ce furent 5 jours intenses, émotionnellement et physiquement, et j'ai dormi 12H à mon retour à Dakar.
Je pense par contre refaire le trajet de la caravane tout en restant plus longtemps sur les différents endroits pour pouvoir produire des fiches de capitalisation plus détaillées et mieux construites que ce que nous allons produire. Ma méthodologie sur laquelle j'avais bossé n'a pas servi à grand chose car les discussions importantes se sont faites en wolof.

Donc je reviendrais, c'est sûr et certain!


jeudi 13 janvier 2011

vivre ici ?

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis actuellement en pleine réflexion. J'aime beaucoup être ici, à Dakar, une ville pas si désagréable. Je trouve que c'est un bon compromis entre l'Afrique et l'Occident. Pas trop occidentalisée, mais un peu quand même, toujours africaine mais plus complètement non plus. Comme je ne suis pas venu en Afrique à la recherche d'authenticité ou d'exotisme, je me plais bien ici. J'assume pleinement et complètement mon statut privilégié ici. Mais je n'en profite pas non plus pleinement, je ne vais pas dans les trucs de toubabs et d'expats, je prends le bus et pas le taxi, et je ne vais pas montrer mes gros € partout pour grimper de la gazelle. Je vis simplement je pense, et même si l'immeuble Fayçal où je loge est un immeuble de privilégié, il ne résulte ni de mon choix ni de celui de Natsuko. Je n'ai pas pour autant l'habitude de cracher dans la soupe. Enfin bref, ce compromis me plait encore.

A partir de fin Février, une place de collocataire se libère chez Natsuko, où je vis déjà, ce qui signifie que j'envisage sérieusement de postuler pour avoir cette chambre, et donc de ne plus squatter le salon. Même si en soit cela ne me dérange pas de vivre dans le salon. Mais c'est un autre statut que d'avoir une chambre. Je ne serais plus de passage, et l'idée de devenir résidant du Sénégal ne me déplait pas.

Cela induit évidemment que je dois me trouver une occupation pour mon séjour ici. Non pas pour des raisons économiques, car j'ai encore de quoi venir voir, et parce que le loyer de la chambre chez Natsuko est ridiculeusement bas. Non il s'agit plutôt de ne pas s'ennuyer à ne rien faire de mes journées. Je n'ai pas forcément envie d'un CDI à temps plein, même si je sais que mes parents préfèreraient, mais c'est surtout que je ne veux pas passer mon temps à glander.

Par ailleurs, je n'ai pas encore complètement abandonné l'idée de continuer mon voyage. Seulement je suis plus tenté par Madagascar que par le Mali et le Burkina Faso. Ce n'est pas le même prix, c'est évident, mais mon imaginaire ne travaille pas de la même manière pour ces différents pays.

D'autant plus que maintenant, il y a le rugby à Dakar, et que ça ça fait rudement plaisir. Il me faudra donc une sacrée motivation pour quitter les Caïmans.

De toutes façons, mes choix devront être fait rapidement car même si le visa n'est pas payant, il me faudra un titre de séjour à partir du 7 mars, c'est à dire 3 mois après mon entrée au Sénégal.

Ce qui est sûr, c'est que je vais éviter les zones sahéliennes semi désertiques pour le moment. Ce qui est arrivé à Antoine de Léocour et son pote a pour moi valeur d'avertissement. Je ne cèderais ni à la peur, ni à la panique,et encore moins à la terreur, mais je préfère rester prudent. D'autant plus que je connaissais Antoine pour m'être saoulé avec lui le jour de sa soutenance, car c'est un étudiant de la promo d'avant la mienne à Poitiers, dans le master que j'ai fait.

Cela fait bizarre d'apprendre cette nouvelle. D'autant plus que je ne suis pas certain que Nouadhibou ou Nouakchott soient plus à l'abri que Niamey. C'est un évènement vraiment dramatique.
A partir de samedi, je rejoints la caravane de l'économie sociale et solidaire entre St-Louis et Bakel. Pendant les 10 jours de cette aventure, il est peu probable que je donne des nouvelles regulières, voir des nouvelles tout court, pour des raisons de temps et technique.

On se retrouve donc au pire au 26 Janvier.

dimanche 9 janvier 2011

Un mois au Sénégal

Bonjour à toutes et à tous,

Voilà, cela fait maintenant un mois que je suis au pays de la Terranga. Et si parfois ce n'est qu'un argument commercial ou pour me faire les poches, c'est souvent à peu près vrai. Ici je me plais vraiment. Je fuis le plus possible toutes formes d'exotisme, et les touristes m'agacent quand je suis confronté à eux.
Je commence à avoir mes petites habitudes en particulier dans les lieux où je mange. Je ne me déplace presqu'en bus, ce qui est avantageux financièrement et me permet d'éviter les toubabs.

J'ai également repris le rugby avec l'équipe des Caïmans XV de Dakar. Pour mon premier match avec des vieux maillots du CA Brive, nous avons perdu 14 à 12 contre une équipe surtout composé de toubabs. Je n'ai pas été bon car j'étais très très court physiquement, mais je sens que je peux réellement apporter à cette équipe. Le niveau de la première division sénégalaise n'est pas mauvais, et le potentiel de mon équipe est très élevé mais je dois pouvoir aider à fixer un certain nombre de choses sur les touches, les phases d'attaque, et sur les règles en particulier.

En 10 min sous le soleil du Sénégal je n'en pouvais plus. Je me suis entrainé 3 fois plutôt comme demi de melée, et j'étais titulaire comme 3e ligne car les types sont arrivés en retard et que j'ai du faire le nombre. Logique n'est ce pas? Je devais jouer les 15 dernières minutes et j'ai joué une mi-temps complète, j'ai donc mal partout et je suis assez claqué.

Par ailleurs, comme j'aime expérimenter les choses je suis allé au cinéma du CCF (Centre Culturel Français) voir "des Hommes et des Dieux". C'est un bon film mais les conditions ne lui ont pas rendus service. Les gens sont vraiment sans-gênes : portables allumés, têtes bien dressés au dessus des sièges, arrivée très en retard avec la recherche de sièges les uns à côtés des autres pendant quelques minutes. Et ce ne sont que des Français qui étaient là.

Si au début de mon voyage, je ne parlais que d'argent, j'ai l'impression de ne plus parler que des expats. Il parait qu'ils sont presque 15 000 au Sénégal. Avec un groupe de Troyens et donc de Dado, je suis allé visiter l'île de Gorée. Notre guide était vraiment nul, mais l'île mérite d'être vue, même si je trouve ce lieu moins émouvant qu'Auschwitz. Ce lieu a aussi été le témoin d'un crime contre l'humanité, mais l'horreur y est plus sournoise, car c'est une jolie petite île où se superpose les couches de l'histoire.

Les présences portugaises, hollandaises , anglaises, et françaises sont visibles, et l'utilité de l'île a évolué au cours des siècles. Les esclaves partaient de là, mais c'est aussi ici que furent formés les plus grands hommes politiques africains. La maison des esclaves est ridiculement petite, et je trouve que cela mériterait une plus grande mise en perspective sur cet établissement et ceux autours.

Voir Dado au Sénégal était très sympa. Quelles étaient les chances de croiser sur l'île de Gorée une collègue du GRDR qui n'y travaille plus depuis 1 an et demi et que par conséquent je n'avais plus vu depuis? Et bien j'ai croisé une personne totalement improbable. Ca fait plaisir quand même.
Dernière semaine avant la caravane de l'économie sociale et solidaire. Je suis loin d'être prêt, mais tout va bien se passer.

A bientôt.

dimanche 2 janvier 2011

Une nouvelle année commence

Bonjour à toutes et à tous,

Le 31, c'était la nuit de la St Sylvestre, mais également la date de moisniversaire de mon arrivée sur le continent. En effet cela fait maintenant deux mois que je suis là. Et pas encore las, bien heureux d'être ici et pas en France. Je n'ai pas trop envie de quitter Dakar et le Sénégal pour le moment, je m'y sens bien. Il y a évidemment des désagrements mais ils sont encore moins nombreux que les aspects plaisants d'être ici.

Ces deux mois de barroudages ont été très riches. J'ai la tête dans les nuages rien que d'y penser. Cette année 2010 a été très riche d'une manière générale. J'ai commencé l'année saoul à la wodka, dans le lit d'une polonaise pas farouche, en Allemagne. Je l'ai fini à Dakar, sobre, au concert d'Ismael Lô. Et si l'année avait commencé par des pétards et feux d'artifice tirés par des Allemands, la nouvelle année a commencé de la même manière mais en 10 fois plus gros. J'ai beaucoup évolué entre ces deux époques. A la fois dans le temps et l'espace. Dans l'espace, c'est une évidence. Dans le temps, je veux dire par là que j'ai passé une étape. Je suis passé d'un rêve à la réalisation de ce rêve. Cela fait deux mois que je suis physiquement parti, mais dans ma tête cela faisait plus longtemps. Mais cette fois-ci j'y suis. Il y a eu l'âge de pierre, il est temps de passer à l'âge de Quentin.

Pour le nouvel an, j'ai choisi d'être plus ou moins seul. Les propositions que j'avais de le faire chez des gens ne me motivaient pas plus que ça, donc je me suis fais un plan pépère. Je suis sorti mangé dans un fast-food oû je vais souvent. Je n'ai pas pris exactement mon menu habituel alors que les serveurs avaient presque déjà fait ma commande quand ils m'ont vu entrer. Le restaurant était blindé de chez blindé. Et une fois de plus j'étais presque le seul à être habillé comme un bouseux. Heureusement que les militaires français étaient là pour que je ne soisn pas le seul à être mal habillé. Les gens étaient vraiment très bien vetus. Les femmes en particulier étaient magnifiques, et les enfants dans les habits de Tabaski (Aid El Kebir). C'était vraiment magnifique à voir.

Après cela je suis parti aux concerts, les derniers de cette année 2010. Une fois de plus, je n'étais pas le seul à avoir eu cette idée, et je ne fus donc pas seul pour le passage à la nouvelle année. J'ai sympathisé avec un Guinéen qui m'a un peu saoulé de vouloir à tous prix m'emmener chez lui, je suis un peu plus méfiant maintenant. J'ai donc vu la fin du concert de Baba Maal que j'avais déjà vu à Nouakchott. Et j'ai vu un gros bout du concert d'Ismael Lô. J'ai voulu prendre le taxi mais ils ont tous refusé de m'emmener pour le prix que je demandais car la place de l'indépendance était close à la circulation. Je suis rentré à pied, soit une petite heure de marche.

Sur le chemin du retour, j'ai réussi à lacher mon Guinéen, et à éviter la plupart des pétards que les gamins lancent souvent sur les gens, et les toubabs en particulier. Cette nuit de la St Sylvestre sert un peu de défouloir à la jeunesse qui fait clairement n'importe quoi. Les débordements sont nombreux comme un palmier calciné de la place de l'indépendance peut en témoignier. J'ai battu en retraite jusque chez Natsuko pour ne pas être la cible mouvante que j'avais l'impression de représenter en circulant dans les rues.

Et puis il faut bien le dire, j'étais crevé car je me suis couché très tôt la veille. Et l'entrainement de rugby de la veille ne m'avait pas fait de cadeaux. Et oui, j'ai repris le rugby au sein du club des Caïmans XV de Dakar oû un pote à moi avait déjà joué. je suis maintenant licencié de la fédération de rugby du Sénégal, et probable titulaire pour le prochain match du 7 Janvier en tant que demi de mêlée. Et vu le niveau je vais apporter une sérieuse plue-value. J'ai vu l'équipe nationale B du Sénégal jouer, et bha je peux presque prétendre l'intégrer. Il faut dire que les meilleurs joueurs évoluent dans les divisions de fédérale en France. Retrouver le rugby m'a fais diablement plaisir...

Je suis donc heureux, et c'est bien le plus important. D'autant que je me rends compte que je ne suis ni d'ici, ni d'ailleurs, mais que je suis, et c'est bien tout ce qui compte!!!

à bientôt les gens, et bonne et heureuse année, chose possible si on arrête de regarder les infos...