samedi 22 janvier 2011

5 jours de caravane

Bonjour à toutes et à tous,

Me voici de retour plus tôt que prévu à Dakar, la caravane a été écourtée pour des raisons bassement financières. En effet certains partenaires ont cru que la caravane arriverait les poches remplies de CFA et que nous allions arrosés les campagnes sénégalaises. Ils n'ont pas très bien compris les règles du jeu. En effet à St Louis, la mairie ne pouvais pas assumer tout, c'est à dire qu'elle ne pouvait pas assumer à la fois l'hébergement, et la restauration. Mais la mairie à négocier un bon prix avec des restaurateurs locaux pour que cela n'explose pas le budget de la caravane.

Et bien à Richard Toll, la mairie avait préparé un beau petit budget à 1 millions 7 de CFA pour nous "accueillir". Foutage de gueule. Cette mairie pensait surement pouvoir se remplir les poches sur notre dos. Raté. L'étape a été annulée, et nous sommes passés en coup de vent.

Commençons par le commencement, le départ de Dakar était prévu le samedi 15 à 6h30 pour éviter les embouteillages. Je suis arrivé à 6h10 au lieu de RDV, et le bus est passé nous prendre à 7h10. J'avais pas l'impression de m'être lever pour rien à 5h du matin. Dans le bus nous n'étions pas très nombreux, une vingtaine environ, mais après l'étape de Ruffisque, nous étions plutôt 40. Un chiffre qui va bien.

Vers 10h ce jour là, nous nous sommes arrêtés à Thiès pour le petit déjeuner. C'est là que j'ai eu une niveau de génie pour me faire connaitre par l'ensemble du groupe. Je suis allé acheter des "biskrem", biscuit turc fabriqué en Roumanie, que l'on trouve partout au Sénégal, et qui ne coûte pas cher. J'en ai pris pour tout le monde, et j'ai partagé ces biscuits avec l'ensemble du bus. Et hop, voilà comment se faire connaître facilement. Mon surnom a été tout de suite trouvé, je suis donc devenu Monsieur Biskrem. Et cela m'a suivi tout le long du voyage.
Dans le bus, à chaques dépacements, l'ambiance était extraordinaire avec des danses et des chants pendant presque toute la durée du trajet. C'était une très grande fête, les gens étaient heureux. Certains d'entre eux n'avaient jamais quitté Dakar et sa banlieue. Si l'on devait résumer à une émotion cette caravane cela serait surement : bonheur.

Je me suis formidablement bien intégré à cette caravane, et j'ai découvert des choses extraordinaires. D'abord des personnes ayant une vraie vision à long terme et une idée de l'Afrique très militante, et ensuite des projets et des réalisations novatrices ou simplement intelligentes. Les individus qui étaient là m'ont permis d'avoir une idée vraie de ce qui motive les gens à travailler dans le champ de l'économie sociale et solidaire.

La mixité sociale était une réalité, en effet il y avait aussi bien des gens illétrés que des universitaires chevronés.
Cette caravane était une vraie réussite de mon point de vu, malgré les couaques, et les ratés.
Je me suis enfin fais des amis sénégalais qui ne soient pas intéressés par mon porte feuille. Je compte bien garder le contact et les visiter régulièrement. Ca fait plaisir.

Dans le désordre, nous avons visité des expériences hors du commun avec une école pédagogie Freinet construite bio-climatiquement, des cultures de riz bio, des champs de Mil en culture de décrue, des centres de formation professionelle en couture, cuisine, et arts ménagers, des valorisation de monuments historiques, des champs de tomate, une mutuelle AMF (Activité de Micro Finance), ...

L'intêret majeur de cette caravane est que ses participants étaient surtout des professionnels de ces métiers là. Des gens qui pratiquent quotidiennement ce qu'ils ont vu, mais avec une approche et une façon de faire différente. Ils ont ainsi pu repartir avec la tête remplie d'idée et de nouvelles choses à mettre en place. Le partage d'expérience est vraiment fondamental.

Par ailleurs, nous avons toujours été magnifiquement reçus, parfois logés dans des conditions peu confortables, mais j'ai connu pire tout en payant pour ça, mais toujours parfaitement bien nourris. Je commence à ne plus souffrir des épices et surtout mon estomac résiste très bien à l'eau du robinet et à la nourriture locale.
On m'a traité pas mal de fosi de Sénégalais quand je me mettais à partager la viande dans les plats communs et à la distribuer, ou quand je répondais en wolof aux questions. Une femme m'a même dis que j'étais cool, ce qui semblait dire que les toubabs qu'elle connaissait ne l'étaient pas. Je ne sais pas trop le sens qu'elle mettait derrière ce mot, mais je l'ai pris comme un compliment.

En somme, ce furent 5 jours intenses, émotionnellement et physiquement, et j'ai dormi 12H à mon retour à Dakar.
Je pense par contre refaire le trajet de la caravane tout en restant plus longtemps sur les différents endroits pour pouvoir produire des fiches de capitalisation plus détaillées et mieux construites que ce que nous allons produire. Ma méthodologie sur laquelle j'avais bossé n'a pas servi à grand chose car les discussions importantes se sont faites en wolof.

Donc je reviendrais, c'est sûr et certain!


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