jeudi 9 décembre 2010

Les transports en Mauritanie (RIM)

Bonjour à toutes et à tous,

La RIM et moi-même avons eu une première approche par les transports. En effet, j'ai pénétré le territoire mauritanien par un taxi mercedes 240 D. Comme 70% du parc auto de la RIM, ce fut donc dans une mercedes. Pas forcément des 240D, mais presqu'à tous les coups une merco.

Tout mes trajets jusqu'ici se sont fait en taxi-brousse. C'est à dire en Mercedes-brousse. Et comme c'est un transport collectif, j'ai connu le taxi où nous étions 3, 4, 5, 6, 7, et même une fois où nous n'étions que le chauffeur et moi.
Lorsque la route est goudronnée, le voyage est plutôt rapide et relativement monotone. Il y a souvent des trous, et des passages ensablés, mais d'une manière générale, les goudrons sont bons. Merci Chirac. Les routes mauritaniennes qui sont dans le meilleur état sont celles qui furent refaites pour la venue de Chirac.

C'est lorsque l'on sort des goudrons que les problèmes commencent. L'allure devient faible, le danger plus important, et souvent les troupeaux traversant la chaussée plus nombreux. C'est tout de même que la majorité du réseau est organisée, mais le trafic le plus important se fait sur les goudrons. Ce sont donc des pistes plus ou moins dures, avec des passages d'oued défoncés.

Plus la piste est difficile, plus le temps de trajet augmente, mais aussi plus le prix de la course est important. Je n'ai connu d'aléas du transport que sur une piste, une bonne piste pourtant. La mercedes 190 D a crevé. Donc il a fallu vider un coffre très chargé pour accéder à la roue de secours. Moins de 20 min plus tard nous étions reparti.
Au relais-pneu d'après, le chauffeur a changé à nouveau la roue par un pneu plus neuf. Par sécurité? Que nenni, uniquement pour attendre que de nouveaux clients se manifestent.

Lors de ce même trajet j'ai échoué dans un petit bled où mon taxi s'arrêtait et n'allait pas plus loin. J'ai attendu qu'un véhicule se présente au poste de gendarmerie où tous les véhicules doivent s'arrêter. Résultat : 4h d'attente. Et même si cette attente fut agréable, voir même géniale, car j'ai partagé le couscous, lait, sucre avec les gendarmes, eût droit à une magnifique nuit étoilée car il n'y avait ni éclairage public, ni lune, bref cette attente est significative.
Se déplacer en RIM est une gageure car les véhicules sont vraiment peu nombreux sur les longues distances, et toujours surchargés. C'est d'autant plus compliqué que le gasoil est au même prix ou presque qu'en France alors que le niveau de vie est vraiment beaucoup plus bas.

Se déplacer est difficile et représente un budget très important, même pour le toubab que je suis. C'est également un enjeu qui cristallise les tensions. En effet, les transporteurs qui ne sont pas agréés par les responsables de garage (gare de taxi en fait) risque de se faire démonter s'ils prennent des clients alors qu'ils n'ont pas l'accord du responsable. Accord qui correspond à une commission, mais pas que. Je ne sais pas trop ce que cela cache derrière, mais je suppose que les rapports de force interne à la RIM transparaissent ici aussi. Les Maures blancs et noirs sont en réelle opposition aux négro-africains Soninké, Peulhs, et Wolofs.

En somme, pour voyager en Mauritanie, il faut avoir les moyens et se lever tôt car les transports partent très tôt, genre 4-5h du matin...

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