dimanche 20 février 2011

Y prendre gout

Bonjour à toutes et à tous,

Je reconnais que mes messages sont de moins en moins nombreux, et paradoxalement j'ai pourtant de plus en plus de choses à raconter. Entre mes débuts de commencement de recherche de travail, mon investissement de plus en plus important dans le club des caïmans XV de Dakar, mes sorties nocturnes mouvementées, j'aurais des milliers de choses à raconter. Je vais reprendre là où je vous avais laissé, c'est à dire au fsm et au match contre les pompiers.

De la déception du fsm à l'euphorie de la victoire il n'y a heureusement qu'un pas. Ce samedi, nous avons encore une fois gagné notre match contre l'ASFA, les militaires sénégalais, 23 à 16, score final. Ma prestation ne fut une fois de plus pas très brillante car mon physique ne tient pas la route. J'ai cependant eu encore une fois mon geste décisif qui amène un essai. Coup de pied de renvoi raté par notre ouvreur, réception raté du 2e ligne adverse, tout le monde s'arrête de jouer sauf moi qui vais chercher le ballon dans ses mains, jolie libération de notre aillier gauche, accélération fulgurante de Cherokee, notre entraineur-pilier-3e ligne, qui redonne intérieur pour notre talonneur, essai. Et comme le rugby a ses traditions, nous sommes allés fêter ça comme il se doit au faro beach. Sorte de bar et de boite de nuit sur corniche fréquenté surtout par des locaux, et assez peu par les toubabs.
Nous étions donc 7 caïmans en guinguette : Haruna le demi d'ouverture, qui n'a pas fini seul la soirée, Sylvain le demi de mêlée qui aurait aimé ne pas finir la soirée seul, et qui a donc arrêté systématiquement chacune des nanas qui passaient à sa portée, drôle à voir surtout qu'il faisait jouer les muscles devant elles, Tirera, un pilier monstrueux, Tidjian, timide, et qui était content d'être là, peut être pas autant que Mageth aillier remplaçant, Mouhride, et timide également, Cherokee le coach, mais également prof de fitness à domicile, acteur (son film sort la semaine prochaine, il joue un petit rôle de patron de bar à putes) ancien garde du corps d'un ministre, ancien gérant de boite de nuit, international camerounais, sénégalais, et malien de rugby, et j'en passe. Etait également là, Barnabé que tout le monde appelle Honoré, 2e centre de son état, et des presque joueurs des caïmans qui sont venus une fois ou deux aux entrainements. Avec moi ça fait 7.

J'avais prévu de ne pas claquer trop d'argent, ce que j'ai presque réussi à faire, moins de 30€ la soirée, de 22h à 6h du mat'. Et j'ai arrosé pour ceux qui n'en ont pas les moyens. Parce que bon, l'air de rien je suis vraiment riche dans ce genre d'endroit. Je ne suis pas encore dans l'urgence de trouver un boulot mais il va falloir se bouger le cul quand même. La patronne de l'endroit est toujours aussi charmante, ce qui est un point très positif pour revenir là.

Cette semaine n'a pas été de tout repos. J'ai crée l'amical des caïmans XV de Dakar en achetant une glacière et des boissons pour l'équipe pour après les entrainements, je me suis rendu au service emploi formation du l'ambassade pour du boulot, et je me suis occupé d'étudiants de l'ESC de Rouen venu démarcher des entreprises pour leur projet de cahier moitié prix pour les enfants du Sénégal. J'ai été très soft et je ne leur en ai pas mis plein la gueule alors qu'il y avait de quoi. Comme quoi tout arrive. Je commence à imaginer à quoi mon avenir pourrait ressembler, et je dois dire que c'est pas de la tarte.

Pour le moment je dois dire que je n'arrive pas à être malheureux ici. Même s'il fait froid en ce moment, le Sénégal, c'est nice!

dimanche 13 février 2011

Le faux-rum de Dakar

Le faux-rum de Dakar est fini depuis quelques jours. Je n'ai plus aucune excuse pour ne pas envoyer de nouvelles.

De ce forum je ne retiendrais qu'une seule chose, une déception énorme. J'avais des attentes très fortes sur ce genre d'évènement, d'autant plus que c'était mon premier. Au final, pour moi, ce n'était qu'un rassemblement de toutes les luttes, parfois antagonistes, et de personnes qui connaissent par coeur ou presque les problématiques de l'altermondialisme. Il n'y avait que des pratiquants, ou alors des commerçants. Des commerçants qui vendaient leurs idées ou alors leurs productions. Je n'étais intéressé ni par du riz bio ni par la guérison par la voie spirituelle.
Les Saharaouis et les Marocains en sont même venus aux mains, ainsi que les Ivoiriens. Tout ce forum n'a été qu'une immense foire à la saussice et aux luttes. Les marches de soutiens se sont enchainées.
Par contre les propositions d'actions concrètes sont rares et plus souvent formulées commes des voeux pieux que par des activités précises. En même temps je devais un des rare à être venu chercher cela ici. Je connais les combats et les théories de l'altermondialisme, je n'ai pas besoin que l'on me les fasse réviser. Et je ne vois pas l'intêret d'un tel forum si c'est juste pour se compter.

Le contenu est donc assez nul. J'ai trouvé un vif interêt à cela dans les rencontres que j'ai pu faire. Mais ma semaine a été plus marqué par mon implication dans les caimans XV de Dakar que dans cette semaine de non-conférence. Car si certaines conférences et certains débats étaient surement très bons, il était quasi-impossible de les trouver car il n'y avait pas eu d'organisation de la semaine. Pas de salles de cours car les étudiants n'étaient pas libérés, des tentes qui n'étaient pas prévues, et un site éclaté en plusieurs villages que les gens n'ont pas ou presque quitté car ils ne sortaient pas de leur thématique.

Un véritable bordel! Quand je pense qu'une des organisatrices a osé me dire deux jours avant l'évènement "Quentin tu fais chier avec ta méthodologie, faut en sortir un peu de temps en temps". Bien joué les gars.
Sinon avec Sylvain, en plus de prendre des cuites, nous sommes allés à  une réunion de la fédération sénégalaise de rugby, et nous nous sommes impliqués dedans.

Par ailleurs, Mael et Laure qui étaient venus de Nouakchott pour cette foire à la choucroute mondiale ont presque passé plus de temps avec mon pote Roman venu de France que moi. Ils se sont rencontrés et ont bien festoyés, parfois même sans moi!
Je pense que Roman reviendra parce qu'il a l'air d'avoir apprécié le Sénégal.

La semaine aurait du se finir en apothéose avec un match de rugby le vendredi soir, mais à cause d'une coupure de courant le match n'a pas eu lieu. Ce n'est que partie remise.

Sinon j'ai fais ma première nuit dakaroise hier au soir avec mon entraineur de rugby, Cherokee, Sylvain, le demi de mélée de mon équipe, et Sylvain Blanc. C'était épique et légendaire. Que du bonheur vaseux d'un lendemain difficile. Par ailleurs, Cherokee s'appelle aussi Sylvain... Une soirée à trois Sylvain et bah c'est pas marrant quand ça s'y met.

Je pense que je vais faire une petite semaine tranquille pour récupérer de mes émotions.
A bientôt

mercredi 2 février 2011

3 mois hors de France

Bonjour à toutes et à tous,

Pourquoi fortune et infortune? disait IAM. C'est une belle question. Aujourd'hui que je suis à Dakar et que je m'imagine le plus souvent rester ici que d'aller encore un peu plus loin (Ugo Pratt), et bien je connais des fortunes diverses.
Les gens que j'aime et/ou apprécie me le rendent bien. Je suis dans une situation privilégiée, mais je l'assume totalement. Blanc au milieu des noirs, riche au milieu des moins riches, enfin surtout personne qui même sans ressources peut bénéficier d'une solution de repli qui peut être enviable. AU pire je retourne en France et je fais des boulots que je ne souhaitais pas faire au début de mes études, soit prof ou animateur à plein temps.

Je reviens en catastrophe, je passe les concours à la con, et je m'installe bien pépère dans une académie à la con.
Ma situation aujourd'hui est donc enviable, mais pourrait être meilleure encore. Il ne me suffirait que de tomber amoureux et/ou trouver un emploi qui me plait. Seulement, l'amour ne se commande pas, et pour trouver un emploi, il faut en chercher un. C'est comme le loto, seuls ceux qui jouent gagnent.

Les évènements de ces dernières semaines me laissent penser que je vais pouvoir rapidement trouver du boulot ou au moins de nouvelles choses à faire, et je compte sur le FSM pour m'ouvrir de nouvelles voies.
Je trouve que je me suis plutôt pas mal débrouillé en 3 mois en Afrique, tant en terme de rencontre que de façon de vivre.

Je profite de ce message pour glisser une petite réflexion personnelle sur moi-même.
Humainement je ne saurais pas me définir complètement, à part par une remarque que font souvent mes proches : "Non, mais c'est Quentin, quoi". Il est évident que je rentre dans la catégorie des mégalomanes romantiques, voir Rome antique.
Je sais que je me moque de beaucoup de choses, et que j'aime provoquer les gens. Je suis un provocateur, voir un provoc'acteur. Je joue et je jouis de ma mégalomanie, et des savoirs et connaissances que mon cerveau charrie au milieu de ve flot d'insanités qui submergent mes pensées et mes babillages.

Comme je le disais il y a quelques années avant de rencontrer des êtres chers "si je ne m'aime pas, qui le fera à ma place", à part ma famille et mes parents, je veux dire.

L'Homme heureux n'est il pas celui qui sait de temps en temps regarder, sentir, toucher ce qui l'entoure et n'en garder que ce qui lui fait plaisir ?
Je peux donc affirmer haut et fort que je suis heureux. Et comme disait Voltaire : "j'ai décidé d'être heureux car c'est bon pour la santé"

samedi 29 janvier 2011

6 jours de caravane


La caravane de l’ESS

Jour 1 : RDV donné à 6h30 à Patte d’Oie, donc je me lève à 5h pour y être vers 6h15. Je prends un peu d’avance car on ne sait jamais avec ce genre de RDV. Bon manque de chance, ou normal, mais le bus n’arrive qu’à 7h15. On part dans la joie et la bonne humeur, et surtout dans la fatigue, déjà.
Après l’étape de Rufisque, les chants ont commencé, bon je me suis un peu endormi, mais l’ambiance était agréable et très chaleureuse. Ca me rappelait un peu les bus de retour du rugby.
Etrangement le voyage s’est passé sans encombre. Sauf qu’il n’y avait pas de Tiep au petit déjeuner, mais des sandwiches entre autre à l’omelette. Heureusement on en a eu le midi, à Saint Louis.
Comme prévu au programme nous sommes allés à la mairie de Saint Louis pour le lancement officiel de la caravane. Bon, comme au programme, plus quelques heures de décalage, rien de grave, mais ça laisse le temps d’écrire et faire connaissance avec les gens de la caravane.
Pour le moment nous sommes une quarantaine, mais le chiffre va surement augmenter. A la mairie, nous avons, enfin plutôt, ils ont installé les expositions des productions artisanales des participants, ce qui était une chose drôle et sympa. J’ai dû refuser de tout acheter car je suis loin d’avoir les moyens. Ce qui a d’ailleurs permis à certaines de se renseigner sur mon statut matrimonial. « Achète ça pour ta femme ! –J’ai pas de femme. – Achète ça pour ta copine alors ! –J’ai pas de copine non plus. – Ha bon ? »
Les discours officiels de lancement ont alors commencé avec un peu de retard, et au milieu des discours convenus  de remerciement, le maire de Saint Louis a éclairé la tribune. Cet homme a tout compris, et a une vraie vision d’avenir, solide et pragmatique. Il n’est pas que dans le discours, son implication étant réel.
Si tous les politiques étaient comme lui, le monde irait mieux. Intelligence, dynamisme, et respect des intellectuels le caractérisent. Il a ensuite fait le vernissage de l’exposition.
Puis nous sommes rentrés à la maison de Lille ( et non pas de l’île comme je le croyais au départ) pour manger et faire chauffer la sono sur des sons tonitruants de Mbalaxh. Le coucher a été tôt pour l’ensemble des caravaniers à cause de départ aux aurores à Dakar.
Jour 2 : le réveil ne fut pas si difficile que ça, la joie ou du moins la bonne humeur guide toujours nos pas. La matinée va se passer à l’université auprès du professeur Sambou Ndiaye.
L’intervention de ce prof, comme toutes les interventions, a eu lieu en wolof, je n’ai donc pas tout compris. Les différents powerpoint m’ont permis de comprendre plusieurs choses néanmoins. D’abord que Sambou est très fort et politiquement très engagé. Ensuite que la militance de certains africains  dans le rejet des valeurs occidentales en terme scientifique est réelle.
Et enfin, que d’autres voies de développement sont possibles, et Dieu merci sans les occidentaux. Bon je n’ai pas tout compris mais ensuite sont intervenus :
-          Cheikh Pathé pour Enda qui a présenté l’entité ecopole qui consiste en l’appui des réseaux de jeunes et de femmes pour créer des AGR (Activités Génératrices de Revenus).
-          Papa Meissa pour l’ASEM qui a présenté le réseau des écoles qui utilisent tout ou partie de la méthode Freinet. C’est intéressant et forcément prometteur car les possibilités ici sont moins sclérosées qu’en France.
-          Monsieur Dia pour le comité inter-bidonvilles qui a expliqué comment sont récupérés les bidons, les plastiques pour être revendus pour en tirer des revenus.
Même si la rencontre ne fut qu’en Wolof, elle fut tout de même enrichissante. Les gens étaient contents. Des nouveaux caravaniers nous ont rejoints.
L’après-midi étant vierge de toutes activités, je suis allé visiter Saint Louis avec les Belges et la Hollandaise. Pendant ce temps, un match de foot était organisé et les caravaniers se sont dispersés en petits groupes. Il a donc été convenue le soir même de mettre ces temps « libres » à profit pour organiser des animations autour du feu par exemple.
Cela se met en place gentiment et ça va déchirer.
Un groupe commence à apparaitre, ce qui est hautement sympathique.

Jour 3 : nouveau départ vers des cieux toujours aussi bleus. Le groupe était prêt à partir vers 10h après un petit déjeuner aussi efficace que riche.
L’ambiance dans le bus est excellente, les musiciens s’en sont donnés à cœur joie. Après un passage à Richard-Toll où nous avons été reçu par des adjoints au maire, mais où les activités ont été annulées pour des raisons bassement financières. Un petit concert a été donné et on a pu sentir qu’il en faudrait peu pour que les gens rejoignent cette caravane. L’explosion de joie n’était pas loin.
L’après-midi s’est déroulé tranquillement à Dagana où nous sommes logés de la meilleure des manières par l’ASEM dans un centre d’accueil pour les formations d’éducateurs en méthode Freinet. C’est propre, bien entretenue et confortable. En début de soirée des petits matchs de foot ont été organisés. C’était pas mal, mais aucun match ne peut être vraiment amical ici.
Dans la soirée, la veillée autour du feu a eu lieu. Au menu, il y a eu des danses et des chants traditionnels, un combat de coqs humains, et des histoires autour du feu et sous la lune. Ce fut pour l’esprit comme la soie sur le corps. Je n’aurais aimé être nulle part ailleurs.
Même si ce ne sont que des caravaniers qui ont participé à la veillée, l’état d’esprit y était fantastique.

Jour 4 : après un copieux petit déjeuner, les caravaniers ont été visiter en 4 groupes, 4 expériences.
J’ai découvert et appris beaucoup de choses aujourd’hui. Nous avons tous beaucoup appris et découverts des choses.
La visite d’une école Freinet construite selon des critères bioclimatiques est difficilement descriptible. Tout y est incroyable, les salles de bâtiments, l’organisation, les personnes qui y travaillent, ou plutôt qui y vivent. Si les murs sont des modèles, les principes éducatifs sont également intéressants. Avec la pédagogie Freinet, les enfants sont responsables les uns des autres, et les différentes commissions sont portées par les enfants.
Ou comment l’école de Dagana au Sénégal a 50 ans d’avance sur l’éducation nationale.
D’autant plus que la mixité sociale est un fait et que les parents doivent payer quelque chose pour l’éducation de leur enfant, suivent leurs moyens, quelque soit leurs moyens. Le sentiment que l’on a en voyant cette école est : « qu’est ce que je peux faire pour eux ? ».
Il semblerait que les autres groupes aient vécus des expériences aussi enrichissantes que la notre.
Le podium des artistes qui a suivi fut une sacrée réussite, car près de 200 enfants étaient là. La qualité des artistes n’était pas à critiquer, à part peut être les playbacks de rap. Les musiciens qui font partie de la caravane sont exceptionnellement bons. L’autre groupe traditionnel était excellent, les femmes très en jambe, et le grateux vraiment exceptionnel. Un succès total pour les musiciens locaux qui fait plaisir.
Le soir nous nous sommes faits une séance photo, et il y en a des biens.
Une autre grande et belle journée s’est passée le long du fleuve dans la caravane de l’économie sociale et solidaire.

Jour 5 : Le groupe s’est divisé en deux, la quasi-totalité du groupe est allé à la mairie de Dagana pour une conférence sur la décentralisation.
Les têtes pensantes, plus moi, sommes restés au centre Grossman pour une réunion des partenaires. C’est un honneur, mais en wolof encore.
Après le déjeuner, nous avons été remercié les cuisinières en musique pour avoir aussi bien mangé. Après cela, nous avons décollé pour Guédé.
Sur le chemin, au marché de Tirédji, nous avons faits une petite pause musicale histoire d’animée le trajet.
L’arrivée à Guédé valait son pesant de cacahuètes avec une piste très étroite où le bus passait tout juste.
Là, et las, nous nous sommes installés et avons discutés en attendant le repas puis la veillée culturelle. J’en ai profité pour visiter un peu le village en aller chercher des chaises et une chèvre d’appoints. La veillée culturelle consistait en un concert de nos musiciens qui étaient originaires de Guédé.
Le frémissement des 300 personnes présentes à l’entrée sur scène des enfants du pays était saisissante de bonheur insoutenable. Donc grosse ambiance, et gros délires pour des gens peu expansifs normalement. Et pour une fois, j’ai dormi à la belle étoile sous moustiquaire. J’ai été réveillé par le froid à 5h30.

Jour 6 : Après un réveil difficile parce que glaciale, et un petit déjeuner presque copieux, nous sommes allés visiter l’atelier de transformation du riz bio cultivé au village. C’était intéressant de voir comment le riz était trié et mis en sachet. Nous sommes allés voir ensuite les rizières et les champs de tomate, la station de pompage, et la mutuelle des groupements de paysans. Ces expériences sont simplement hallucinantes et à reproduire.
L’après-midi a donné lieu à la réunion de bilan des expériences avec les partenaires. Ca a été presque pas mal mais je n’ai une fois de plus rien compris, et en plus quelqu’un s’était permis de fouiller dans  mes affaires pour prendre 10€. Donc j’étais un peu dégouté et énervé.
Nous avons quitté à 21h Guédé et sommes arrivés à Dakar à 7h30 le lendemain. Fatigué, heureux, triste, épuisé.

vendredi 28 janvier 2011

Doudou Quentin Biskrem

Bonjour à toutes et à tous,

Me voici baptisé. J'ai maintenant un nom africain et il s'agit de Doudou, auquel on peut ajouter le qualificatif qui me définie le mieux, c'est à dire Biskrem. Je suis fier, c'est un beau nom. Il m'a été donné par le beau père de mon ami Sénégalais de ma promo de Poitiers, Sory "Président" Kaba. Je ne l'avais pas encore vu alors que cela fait bientôt deux mois que je suis au Sénégal.

Il est venu avec son épouse, ses deux enfants et son beau père donc, manger à la maison pour un magnifique déjeuner japonais, préparé par vous savez qui. C'était une après-midi vraiment sympa qui s'est fini lorsque sa fille en avait vraiment trop marre d'être là. Normal quoi. Mais j'étais vraiment très content de l'avoir revu, et je vais vraiment devoir quitter mon Dakar pour aller le voir dans sa Fatick.

Dans le même ordre d'idée, avec Sylvain qui est arrivé lundi soir, lors d'une promenade dans le marché Sandaga, joyeux foutoir du plateau, nous nous sommes retrouvé dans une fabrique artisanale et nous sommes tombés sur Carlos Semedo et son épouse Christine. Carlos était et est un intervenant du master de Poitiers que nous avions eu en cours donc. Ils étaient là en vacances et repartaient le soir même. Dakar est définitivement toute petite. Nous avons passé quelques heures avec eux, Carlos étant par ailleurs le responsable de la vie associative et des relations internationales de la mairie d'Aubervilliers, et son épouse prof de géographie à l'université d'Evry.C'est pareil, ça fait vraiment plaisir de tomber sur des têtes connues.

C'est pour cela que lorsqu'au centre bopp où est la coordination du FSM, où nous étions allés nous inscrire, cela a fait plaisir de tomber sur Cindy que nous connaissions de Poitiers quand elle était coordinatrice de la SSI de Poitou Charentes. Elle est toujours aussi charmante, et nous avons passé une soirée agréable avec elle et ses collègues du FSM. Ce FSM va être un énorme bordel pas vraiment organisé.

Ce soir, je joue mon deuxième match de rugby contre les militaires, des gars physiques mais à qui il manque du rugby parait il.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, et le bonheur guide mes pas. Je vais même aller bientôt voir pour trouver un travail un peu sérieux dans le coin, même si on m'a presque fait une proposition du côté de Enda. Par contre qu'est ce qu'il fait froid en ce moment, je suis obligé de porter des pulls et des pantalons... Mais c'est vraiment un pays où ça caille!

à bientôt

samedi 22 janvier 2011

5 jours de caravane

Bonjour à toutes et à tous,

Me voici de retour plus tôt que prévu à Dakar, la caravane a été écourtée pour des raisons bassement financières. En effet certains partenaires ont cru que la caravane arriverait les poches remplies de CFA et que nous allions arrosés les campagnes sénégalaises. Ils n'ont pas très bien compris les règles du jeu. En effet à St Louis, la mairie ne pouvais pas assumer tout, c'est à dire qu'elle ne pouvait pas assumer à la fois l'hébergement, et la restauration. Mais la mairie à négocier un bon prix avec des restaurateurs locaux pour que cela n'explose pas le budget de la caravane.

Et bien à Richard Toll, la mairie avait préparé un beau petit budget à 1 millions 7 de CFA pour nous "accueillir". Foutage de gueule. Cette mairie pensait surement pouvoir se remplir les poches sur notre dos. Raté. L'étape a été annulée, et nous sommes passés en coup de vent.

Commençons par le commencement, le départ de Dakar était prévu le samedi 15 à 6h30 pour éviter les embouteillages. Je suis arrivé à 6h10 au lieu de RDV, et le bus est passé nous prendre à 7h10. J'avais pas l'impression de m'être lever pour rien à 5h du matin. Dans le bus nous n'étions pas très nombreux, une vingtaine environ, mais après l'étape de Ruffisque, nous étions plutôt 40. Un chiffre qui va bien.

Vers 10h ce jour là, nous nous sommes arrêtés à Thiès pour le petit déjeuner. C'est là que j'ai eu une niveau de génie pour me faire connaitre par l'ensemble du groupe. Je suis allé acheter des "biskrem", biscuit turc fabriqué en Roumanie, que l'on trouve partout au Sénégal, et qui ne coûte pas cher. J'en ai pris pour tout le monde, et j'ai partagé ces biscuits avec l'ensemble du bus. Et hop, voilà comment se faire connaître facilement. Mon surnom a été tout de suite trouvé, je suis donc devenu Monsieur Biskrem. Et cela m'a suivi tout le long du voyage.
Dans le bus, à chaques dépacements, l'ambiance était extraordinaire avec des danses et des chants pendant presque toute la durée du trajet. C'était une très grande fête, les gens étaient heureux. Certains d'entre eux n'avaient jamais quitté Dakar et sa banlieue. Si l'on devait résumer à une émotion cette caravane cela serait surement : bonheur.

Je me suis formidablement bien intégré à cette caravane, et j'ai découvert des choses extraordinaires. D'abord des personnes ayant une vraie vision à long terme et une idée de l'Afrique très militante, et ensuite des projets et des réalisations novatrices ou simplement intelligentes. Les individus qui étaient là m'ont permis d'avoir une idée vraie de ce qui motive les gens à travailler dans le champ de l'économie sociale et solidaire.

La mixité sociale était une réalité, en effet il y avait aussi bien des gens illétrés que des universitaires chevronés.
Cette caravane était une vraie réussite de mon point de vu, malgré les couaques, et les ratés.
Je me suis enfin fais des amis sénégalais qui ne soient pas intéressés par mon porte feuille. Je compte bien garder le contact et les visiter régulièrement. Ca fait plaisir.

Dans le désordre, nous avons visité des expériences hors du commun avec une école pédagogie Freinet construite bio-climatiquement, des cultures de riz bio, des champs de Mil en culture de décrue, des centres de formation professionelle en couture, cuisine, et arts ménagers, des valorisation de monuments historiques, des champs de tomate, une mutuelle AMF (Activité de Micro Finance), ...

L'intêret majeur de cette caravane est que ses participants étaient surtout des professionnels de ces métiers là. Des gens qui pratiquent quotidiennement ce qu'ils ont vu, mais avec une approche et une façon de faire différente. Ils ont ainsi pu repartir avec la tête remplie d'idée et de nouvelles choses à mettre en place. Le partage d'expérience est vraiment fondamental.

Par ailleurs, nous avons toujours été magnifiquement reçus, parfois logés dans des conditions peu confortables, mais j'ai connu pire tout en payant pour ça, mais toujours parfaitement bien nourris. Je commence à ne plus souffrir des épices et surtout mon estomac résiste très bien à l'eau du robinet et à la nourriture locale.
On m'a traité pas mal de fosi de Sénégalais quand je me mettais à partager la viande dans les plats communs et à la distribuer, ou quand je répondais en wolof aux questions. Une femme m'a même dis que j'étais cool, ce qui semblait dire que les toubabs qu'elle connaissait ne l'étaient pas. Je ne sais pas trop le sens qu'elle mettait derrière ce mot, mais je l'ai pris comme un compliment.

En somme, ce furent 5 jours intenses, émotionnellement et physiquement, et j'ai dormi 12H à mon retour à Dakar.
Je pense par contre refaire le trajet de la caravane tout en restant plus longtemps sur les différents endroits pour pouvoir produire des fiches de capitalisation plus détaillées et mieux construites que ce que nous allons produire. Ma méthodologie sur laquelle j'avais bossé n'a pas servi à grand chose car les discussions importantes se sont faites en wolof.

Donc je reviendrais, c'est sûr et certain!


jeudi 13 janvier 2011

vivre ici ?

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis actuellement en pleine réflexion. J'aime beaucoup être ici, à Dakar, une ville pas si désagréable. Je trouve que c'est un bon compromis entre l'Afrique et l'Occident. Pas trop occidentalisée, mais un peu quand même, toujours africaine mais plus complètement non plus. Comme je ne suis pas venu en Afrique à la recherche d'authenticité ou d'exotisme, je me plais bien ici. J'assume pleinement et complètement mon statut privilégié ici. Mais je n'en profite pas non plus pleinement, je ne vais pas dans les trucs de toubabs et d'expats, je prends le bus et pas le taxi, et je ne vais pas montrer mes gros € partout pour grimper de la gazelle. Je vis simplement je pense, et même si l'immeuble Fayçal où je loge est un immeuble de privilégié, il ne résulte ni de mon choix ni de celui de Natsuko. Je n'ai pas pour autant l'habitude de cracher dans la soupe. Enfin bref, ce compromis me plait encore.

A partir de fin Février, une place de collocataire se libère chez Natsuko, où je vis déjà, ce qui signifie que j'envisage sérieusement de postuler pour avoir cette chambre, et donc de ne plus squatter le salon. Même si en soit cela ne me dérange pas de vivre dans le salon. Mais c'est un autre statut que d'avoir une chambre. Je ne serais plus de passage, et l'idée de devenir résidant du Sénégal ne me déplait pas.

Cela induit évidemment que je dois me trouver une occupation pour mon séjour ici. Non pas pour des raisons économiques, car j'ai encore de quoi venir voir, et parce que le loyer de la chambre chez Natsuko est ridiculeusement bas. Non il s'agit plutôt de ne pas s'ennuyer à ne rien faire de mes journées. Je n'ai pas forcément envie d'un CDI à temps plein, même si je sais que mes parents préfèreraient, mais c'est surtout que je ne veux pas passer mon temps à glander.

Par ailleurs, je n'ai pas encore complètement abandonné l'idée de continuer mon voyage. Seulement je suis plus tenté par Madagascar que par le Mali et le Burkina Faso. Ce n'est pas le même prix, c'est évident, mais mon imaginaire ne travaille pas de la même manière pour ces différents pays.

D'autant plus que maintenant, il y a le rugby à Dakar, et que ça ça fait rudement plaisir. Il me faudra donc une sacrée motivation pour quitter les Caïmans.

De toutes façons, mes choix devront être fait rapidement car même si le visa n'est pas payant, il me faudra un titre de séjour à partir du 7 mars, c'est à dire 3 mois après mon entrée au Sénégal.

Ce qui est sûr, c'est que je vais éviter les zones sahéliennes semi désertiques pour le moment. Ce qui est arrivé à Antoine de Léocour et son pote a pour moi valeur d'avertissement. Je ne cèderais ni à la peur, ni à la panique,et encore moins à la terreur, mais je préfère rester prudent. D'autant plus que je connaissais Antoine pour m'être saoulé avec lui le jour de sa soutenance, car c'est un étudiant de la promo d'avant la mienne à Poitiers, dans le master que j'ai fait.

Cela fait bizarre d'apprendre cette nouvelle. D'autant plus que je ne suis pas certain que Nouadhibou ou Nouakchott soient plus à l'abri que Niamey. C'est un évènement vraiment dramatique.
A partir de samedi, je rejoints la caravane de l'économie sociale et solidaire entre St-Louis et Bakel. Pendant les 10 jours de cette aventure, il est peu probable que je donne des nouvelles regulières, voir des nouvelles tout court, pour des raisons de temps et technique.

On se retrouve donc au pire au 26 Janvier.